Comment appelle-t-on un documentaire européen sur la réalité du blocus américain contre Cuba ?
Un travail professionel ? Mauvaise Réponse ! Voici la bonne : On sait pas, on n'en a jamais vu.
Comment appelle-t-on une personne qui pose une bombe et fait exploser en plein vol un avion civil ?
Un terroriste lybien ? Mauvaise Réponse ! Voici la bonne : Posada Carilles, membre éminent de l'organisation terroriste CORU, et aussi de quelques autres semble-t-il. Trouve asile aux Etats-Unis d'Amérique qui le considèrent comme un réfugié politique et refusent de le livrer aux autorités cubaines.
Comment appelle-t-on une organisation qui viole régulièrement l'espace aérien d'un pays souverain ?
L'Armée des Etats-Unis ? Mauvaise Réponse ! Voici la bonne : Hermanos al Rescate, fondé par José Basulto. Connue pour se livrer à des incursions dans l'espace aérien cubain et survoler à basse altitude la ville de La Havane. Après de nombreuses sommations de la part des autorités cubaines, deux petits avions (sur trois) se font descendre par la chasse cubaine en février 1996. Une polémique s'engage pour savoir si les avions étaient ou non dans l'espace aérien cubain.
Basulto, qui participait à l'opération, en sort indemne et raconte son échappée : (entendu le lendemain matin sur la radio France-Inter. Nota, selon lui, deux Mig cubains sont en chasse, alors attention :) "je me suis caché derrière les nuages pour rentrer".
Clinton profite de l'affaire pour signer la loi Helms-Burton qui durcit le blocus. Plus tard, la justice américaine accordera des centaines de millions de dollars d'indemnisation aux familles des quatre victimes. La somme provient des avoirs cubains gelés aux Etats-Unis depuis la révolution. Cuba contre-attaque en faisant le procès de la politique des Etats-Unis contre Cuba, et en exigeant une somme équivalente pour chacune des victimes des quelques 5.000 attentats commis contre Cuba, de plus de 40 ans de blocus et de plusieurs attaques biologiques.
Comment appelle-t-on une organisation de milliardaires qui prône la liberté et la démocratie et qui finance des mouvements terroristes ?
la FNCA ( acronyme anglais : CANF ), fondée par Mas Canosa, actuellement dirigée par son fils, est la principale organisation anti-castriste à Miami. Clairement d'extrême-droite. Profitant de l'ignorance des européens, a récemment ouvert des filiales en Europe. La FNCA exerce une influence croissante dans la politique extérieure ET intérieure des Etats-Unis. Peut faire et défaire la carrière d'un élu au Congrès Américain. A récemment fait et défait (en 2000) une élection présidentielle en Floride...
Comment appelle-t-on un groupe armé qui sème la terreur ?
Un groupe terroriste armé ? Ah, Mauvaise Réponse ! La bonne réponse est : Alpha 66, fondée par Antonio Veciana. Au début de novembre 1993, Alpha 66 annonçait une campagne de terrorisme contre Cuba qui visait à semer la panique chez les touristes et à les détourner de cette destination. Leurs membres aux Etats-Unis n'ont pas été inquiétés. Pas tellement plus que ceux du groupe Omega7, qualifié par la FBI en 1980 de "groupe terroriste le plus dangereux aux Etats-Unis" (New York Times, 3 mars 1980, p.1). Le 7 Janvier 1993, lors d'une conférence de presse, Tony Bryant, leader de Comando L, annonce un plan d'agression contre Cuba, notemment contre les hôtels. Il lance une mise en garde contre les touristes. "A partir de maintenant, nous somme en guerre. La Neutralité n'existe pas."
Comment appelle-t-on l'explosion de bombes dans des cinémas ?
Des attentats criminels ? Mauvaise Réponse ! Voici la bonne : Valladares, vous savez, "le poète dissident", arrêté en décembre 1960, en pleine campagne terroriste, pour avoir posé des bombes. A sa sortie de prison en 1982, pratiquement tous les médias titrent à l'époque (et croient encore) à la "libération d'un poète dissident". Et oui, entre ses bombes et sa sortie, Valladares est devenu "poète". D'ailleurs on le surnomme le "poète emprisonné de Castro" ( sous-entendu qu'il a été emprisonné pour ses poèmes, bien sûr ).
Co-Signataire, avec le français Pierre Golendorf, du livre "Prisonnier de Castro" (1979).
A la fin de son séjour en prison, il se fait passer pour paralytique ("causé par les tortures"). [ Pierre Golendorf, cherchant à faire un parallèle avec l'inculpation du général Pinochet, porte plainte à Paris en 1999 contre Fidel Castro pour "crimes contre l'humanité" ]. Valladares sort de sa cellule en fauteuil roulant mais il arrive à Madrid debout. Entre le décollage de l'avion de La Havane et son attérissage à Madrid il avait guéri. Et il ne s'est plus jamais assis dans un fauteuil roulant et qui plus est, n'a plus jamais trouvé l'inspiration pour écrire un poème. Auteur, entre autres énormités, d'un documentaire - diffusé sur la chaîne française M6 - où des dissidents expliquent leurs conditions de détention à Cuba : "les murs étaient couverts de glace" (sic). Un autre, de dos, "les enfants cubains ont faim. Ils ne mangent jamais de la langouste" (re-sic).
En 88-89, les Etats-Unis lui accordent la nationalité américaine et il devient le représentant des Etats-Unis à l'ONU à la Commission des Droits de l'Homme. Hyper-réactionnaire et mythomane."Les médias embouchent la trompette des droits de la personne. Ils ont sacré l'ex-policier sous Batista et contre-révolutionnaire (poseur de bombes) Armando Valladares poète dissident."Claude Morin, Mai 1995.
Bien avant la guerre du Golfe, les "intellos" européens trouvent le moyen de se faire manipuler dans les largeurs pour un "poète emprisonné". La manipulation est telle qu'on peut lire (pris au hasard du bétisier) :
"Castro garde son ami intime [valladarès est devenu même intime] Valladarès en prison depuis plus de 20 ans maintenant. On l'a torturé et on lui a brisé les jambes. Valladarès a écrit un livre admirable, tragique, que j'exhorte les jeunes du Québec à lire. Il s'agit de Prisonnier de Castro. Ce livre a été introduit en France grâce à Monsieur Golendorf, un ami du cinéaste Chris Marker et de moi-même. Monsieur Golendorf a été trois ans [18 mois selon d'autres sources] durant dans les prisons castristes. Ce sont des documents authentiques, écrits de la main du prisonnier Valladarès lui-même. Il nous explique comment on torture, et comment on fait de la dissection sur des êtres humains (sic) à Cuba. Il nous dit où cela a lieu précisément. C'est affolant quand même de lire ça. J'ai eu du mal à l'admettre. " dans Interview de Yves Montand
Noam Chomsky analyse la chose :
Une Perception Sélective
(...) En Mai 1986, les mémoires de l'ex-prisonnier Cubain, Armando Valladares, sont publiées. Elles sont rapidement devenues un succès de librarie. Les média ont décrit ses révelations comme "le compte-rendu définitif d'un vaste système de torture et de prison par lequel Castro punit et se débarasse de l'opposition politique." "Profonde et inoubliable histoire" sur "les prisons bestiaux", des tortures inhumaines et un rapport sur la violence d'Etat sous le régne d'un des meurtriers à grand échelle de ce siècle. Dans ce livre nous apprenons "qu'il [Castro] a crée une nouvelle forme de dépotisme qui a institutionalisé la torture comme un mécanisme de controle social" dans "cet enfer qu'était Cuba dans lequel vivait Valladares."
Ca c'est la version du Washington Post et du New York Times dans plusieurs articles. Castro était décrit comme un "gangster dictatorial". Ses atrocités était révelées dans ce livre avec une telle conviction que " seul le plus inconscient et le plus insensible des intellectuels occidentaux prendrait la défense de ce tyran", a dit le Washington Post.
Souvenez-vous, il s'agit d'une histoire vecue par un seul homme. Admettons que tout ceci soit vrai.
Evitons de poser des questions sur ce qui est arrivé à un seul homme qui affirme avoir été torturé. Lors d'une cérémonie à la Maison Blanche en commémoration de la journée des Droits de l'Homme, il fût cité par Ronald Reagan pour son courage lorsqu'il subissait les horreurs et le sadisme du bloody tyran Cubain. [Valladares] fut ensuite nommé comme représentant des Etats-Unis à la Commission des Droits de l'Homme des Nations-Unies, où il a pu être vu en train d'aider les gouvernements Salvadoriens et Guatémaltèques à se défendre contre des accusations d'atrocités si grandes qu'elles font passer les siennes d'événements plutôt mineurs. C'est comme ça.
C'était en Mai 1986. Et c'est intéressant parce que ça en dit long sur la manière de "produire du consentement" [manufacturing consent]. Le même mois, les survivants d'un groupe de défense des Droits de l'Homme au Salvador - les dirigeants avaient été tués - furent arrêtés et torturés, y compris Herbert Anaya, le directeur. Ils furent envoyés dans une prison - La Esperanza (l'Espoir). En prison, ils ont continué leur travail de défense des droits de l'homme. Ils étaient avocats, alors ils ont pris des témoignages. Il y avait 432 prisonniers dans cette prison. Et ils ont obtenu 430 témoignages signés qui décrivaient, sous serment, les tortures subies : tortures à l'électricité et autres atrocités, y compris, dans un cas, la torture par un officier de l'armée des Etats-Unis en uniforme, qui est décrit en détail.
Ceci constitue un témoignage exceptionellement exhaustif et explicite, probablement le seul qui décrive si bien ce qui se passe dans une chambre de torture. Ce rapport de 160 pages de témoignages sous serment de prisonniers a réussi à sortir de la prison, avec une cassette vidéo montrant les gens en train de témoigner. Il fut distribué par l'organisation Marin County Interfaith Task Force. La presse a refusé d'en parler. La télévision a refusé de la diffuser. Il y avait un article dans le journal local de Marin County, le San Francisco Examiner, et c'est tout je crois. Personne n'en voulait. C'était une époque où il y avait bien plus que "quelques intellectuels occidentaux inconscients et insensibles" en train de chanter les louanges de Jose Napoleon Duarte et de Ronald Reagan. Il n'y a pas eu d'hommages rendus à Anaya. Il n'a pas été invité à la journée des Droits de l'Homme. Il n'a été nommé à rien. Il fût libéré lors d'un échange de prisonniers et ensuite assassiné, apparemment par les forces de sécurité soutenus par les Etats-Unis. Il n'y a eu que très peu d'informations à ce sujet. Le presse ne s'est jamais posée la question de savoir si la publication des atrocités - au lieu de les censurer - ne lui aurait pas sauvé la vie.
Ceci est révélateur sur la manière que fonctionne un bon système qui produit du consentement. En comparaison des révélations de Herbert Anaya au Salvador, les mémoires de Valladares n'étaient qu'un petit pois à coté d'une montagne. Mais le but avait été atteint.
( extrait de
Third World Traveler )
Comment appelle-t-on un ex-membre de la nomenklatura cubaine qui se fait passer pour un martyr ?
Zoe Valdès ? Bonne réponse ! Zoé Valdès découvre un jour que la vie est meilleure à Paris qu'à la Havane [ pour une bonne surprise, c'est une bonne surprise ]. Après avoir largement participé à ce qu'elle dénonce, elle se spécialise dans la littérature dite "de l'exil" et convertit ses louanges à Fidel Castro en attaques. Semble avoir pour habitude de noircir un peu plus son passé à chaque intervention (entendue à une émission de France-Inter, elle décrivait les colonies de vacances cubaines comme des "camps de travail").
Même le journal l'Humanité lui accorde un interview.