"Le Jour Où Jesse Helms a Fait de Moi un Millionaire"Faisons un peu d'arithmétique :
1- Soit 100.000.000 de dollars sur quatre ans pour aider la dissidence cubaine.
2- Sachant que la population cubaine s'élève à environ 10.000.000.
3- So on considère la population française de 60.000.000 de personnes
4- On arrive à un équivalent de 600.000.000 de dollars pour la France. Soit au cours d'environ 7frs, 4.200.000.000 de francs (quatre milliards deux cent millions de francs).
5- Par ailleurs, en comparant le "pouvoir d'achat" d'un dollar à La Havane avec celui d'un dollar sur les Champs Elysées, et compte tenu des salaires respectifs, il faudrait encore multiplier par 100 - à une louche près.
Ce qui fait 420.000.000.000 de francs - quatre cent vingt milliards de francs (sur quatre ans, quand même).
6-Considérant que les groupes de dissidence sont estimés à environ 1000 membres, ça fait 420.000.000 de francs par tête de pipe. Bon d'accord, y'a 10.000 dissidents. On partage à 42.000.000 de francs chacun. Vous dites, M. Helms ? Qu'ils seraient au moins 100.000 depuis l'annonce de cette loi ??? Je me contenterais donc de la misérable somme de 4.200.000 Frs. Ca sera dur, mais je m'en contenterais.
En conclusion, je déménage à Cuba et je vais changer de nom pour un nom Cubain. Le type que vous verrez avec des lunettes de soleil près de la piscine sirotant un "Cuba Libre" - pardon, un "Bacardi-Coca", et portant une pancarte "Abajo Fidel" sera moi.
Viktor Dedaj - Mai 2001
Lettre de William Blum a Jesse Helms & Lieberman
( Traduction libre effectuée par nos soins )
Chers Sénateurs Lieberman et Helms,
Je viens de lire votre proposition d'accorder 100 millions de dollars en soutien aux dissidents Cubains. Je pense que c'est une merveilleuse idée. Mais pourquoi s'arrêter là ? Nous pourrions certainement envisager d'autres types de
soutien. Par exemple, lors des protestations massives à Seattle, Washington, Philadelphie, Washington et Los Angeles au cours des derniers 18 mois, nous avons souffert
des manières suivantes :
- La police a fermé les quartiers généraux de la protestation
et confisqué des biens personnels, des panneaux, des banderoles,
des costumes, de la nourriture, de la littérature, des stocks de
médicaments, etc.
- les manifestants ont recu des gaz lacrymogènes, des gaz
paralysants. Ils ont été attaqués aux canons à eau, arrêtés en masse
sans aucun raison, et trainés devant les tribunaux sous des accusations
disproportionnées et inventées pour l'occasion.
- En prison on leur a frappé la tête contre les murs de béton, et ils ont été privés d'eau, de nourriture et de sanitaires durant de longues périodes, obligés d'uriner sur eux-mêmes; menottés d'un poignet à la cheville opposée, le sommeil leur était impossible. (la privation de sommeil est considérée comme une forme de torture par Amnesty International).
- Les femmes prisonnières ont été agressées sexuellement, dénudées
et fouillées devant les gardiens males.
- La police a infiltré les organisations protestataires et a intercepté leurs courriers électroniques, leurs fax et leurs appels téléphoniques.
- Les manifestants ont été empechés d'entrer au Canada.
- La police a obligé les institutions telles que les universités à ne pas soutenir les manifestants et a obligé les magasins d'imprimerie et de copie à fermer pour empecher la copie des documents de
protestation.
- La police a fracassé des caméras et des gens ont été passés à tabac.
Cette liste est très incomplète, mais je suis sur que vous saisissez l'idée.
Sachant que le gouvernement a tellement besoin d'argent que les riches vont bénéficier de réductions d'impôts, nous ne nous attendons pas à recevoir l'équivalent de 100 millions de dollars.
Néanmoins nous sommes confiants que quel que soit le montant que votre coeur vous dictera, il sera bien employé pour défendre une bonne cause démocratique.
En solidarité,
William Blum
PS. Je serais ravi de vous envoyer une copie de mon nouveau livre,
"Rogue State: A Guide to the World's Only Superpower". Il
pourrait vous servir lorsque vous serez enfermés de longues heures
pour avoir exercé vos droits constitutionnels.
William Blum est l'auteur des Livres
- "Killing Hope - CIA and US Military Interventions since World War II"
un panorama des interventions américaines depuis la deuxième guerre mondiale. Vous pouvez trouver la traduction du chapitre consacré à Cuba (avec l'aimable autorisation de l'auteur)
- "Rogue State: A Guide to the World's Only Superpower"
une démonstration sur qui est le véritable "état-voyou"
Lettre au Senateur Helms - par procuration -
Viktor Dedaj, Mai 2001
Bonjour Monsieur Helms,
Je m'appelle Pepe Garcia - dans le barrio on m'appelle juste Pepe.
J'habite à Tijuana, Mexique, et j'ai 13 ans. Je travaille dans une usine américaine près de la frontière. Peut-être portez vous en ce moment même une de ces chemises que je fabrique 6 jours par semaine, 16 heures par jour. Ce serait drôle non ?
Cela dit, j'ai toujours rêvé d'aller à l'école un jour, et peut-être même devenir journaliste quand je serai grand.
Je crois savoir que vous avez préparé un programme d'aide pour tous ceux qui défendent les valeurs des droits de l'homme et de la démocratie. En conséquence, je vous soumets avec humilité ma candidature, en espérant qu'elle recevra toute votre attention bienveillante.
Je dois vous préciser que je ne sais ni lire, ni écrire. Mais je puis vous assurer que je serais prêt à apprendre et avec tout mon coeur.
Cette lettre a été écrite par mon chef, un cubano-américain qu'on appelle Raulito, qui a été tres gentil avec moi et qui m'a parlé de cette merveilleuse opportunité.
Très respectueusement,
Pepe Garcia
(veuillez pardonner l'absence de signature)
Addentum :
Cher Monsieur Helms,
Je m'appelle Raul Fernandez et je suis l'auteur de cette lettre. Comme Pepe vous l'a dit, je suis d'origine cubano-américaine et je suis le directeur de cette usine. Veuillez pardonner les manières du jeune garçon, mais il a exprimé une telle volonté farouche pour s'en sortir que je me suis permis de lui apporter un peu d'aide humanitaire. Je crois que ce garçon a les capacités et la volonté de réussir, ce qui n'est pas forcément le cas de ses 7 frères et soeurs.
Patriotiquement votre,
Raul Fernandez
21 Mai 2001
UNE NOUVELLE LOI POUR FINANCER LA SUBVERSION À CUBA
Cuba n'est pas la Pologne
PAR GABRIEL MOLINA
LE sénateur républicain Jesse Helms a présenté, le 16 mai dernier, un projet de loi dont avait parlé
il y a trois mois Jorge Mas Santos, président de la Fondation nationale cubano-américaine (FNCA),
dans lequel il propose de distribuer 100 millions de dollars aux groupes considérés comme des
instruments potentiels à utiliser contre le gouvernement de Cuba.
Le projet autorise le président des Etats-Unis à envoyer de l'argent, en particulier aux
travailleurs indépendants dans l'île, a déclaré Helms.
Selon l'agence Reuters, si l'initiative était approuvée ce serait la première fois depuis quarante
ans que les Etats-Unis financent directement des groupes de dissidents à Cuba. Mais de fait, il y a
quelques années déjà que Washington ne cache plus le financement qu'elle apporte à l'activité
subversive contre le gouvernement cubain depuis 1959.
Mas Santos a évoqué le 7 février dernier, devant l'institution Dialogue Interaméricain, le plan
présenté par la FNCA au président George Bush II, élaboré par Helms, président de la Commission des
Relations extérieures du Sénat, et d'autres membres du Congrès. Le groupe reçoit des revenus juteux
du lobby cubano-américain créé il y a une quinzaine d'années par Ronald Reagan, le président de l'
époque.
A cette occasion, le fils de Mas Canosa a expliqué que le plan vise à s'opposer à ceux qui (dans
divers secteurs des Etats-Unis) «sont en réalité davantage intéressés par ce qu'ils appellent la
stabilité de l'île».
Et il a ajouté que c'est dans ce but qu'ils cultiveront «une société civile d'urgence, qui recevra
un financement et d' autres aides». Le président de la FNCA a révélé que son intention était de
refaire ce que les administrations Reagan et Bush I avaient fait en Pologne lorsqu'elles financèrent
et utilisèrent d'autres moyens pour soutenir «l'opposition démocratique».
Au moment de présenter la loi, Helms a expliqué, en suivant le scénario de Mas Santos, qu'il veut
«obtenir une loi similaire à celle que les Etats-Unis avaient votée en 1980 pour aider le mouvement
anticommuniste Solidarnosc, en Pologne», si l'on en croit les informations des agences de presse.
Le Sénateur est également l'auteur de la loi votée en 1996, et qualifiée notamment d'
extraterritoriale, qui interdit à Washington de normaliser les relations avec Cuba tant que le
Congrès nord-américain n'aura pas certifié le retour d'un «gouvernement démocratique» à La Havane.
Cette loi avait été rédigée par des avocats au service des familles cubano-américaines, Bacardi,
Fanjul et Mas Canosa, comme cette fois-ci.
Dans son discours, Mas Santos a indiqué qu'il «faudra développer des programmes qui fournissent
directement de l'argent et des ressources matérielles à l'opposition démocratique et aux groupes et
individus indépendants de Cuba...notamment des ordinateurs, des imprimantes, des téléphones
portables, des fax, des dispositifs pour Internet et des équipements de communications de pointe
comme les téléphones sans fil, satellites et autres».
La loi Helms, suivant cette ligne, est particulièrement ambitieuse: elle autoriserait la
canalisation, sur quatre ans, 100 millions de dollars en espèces, aliments, médicaments,
ordinateurs, téléphones, fax et autres matériels de bureau et d'éducation à des groupes d'opposition
et des organisations non gouvernementales dans l'île, ont informé les agences Reuters, Efe et AFP.
Au projet Helms, intitulé «Loi de la solidarité avec Cuba», ont adhéré notamment le sénateur Joseph
Lieberman, candidat à la vice-présidence pour le parti démocrate aux côtés de Al Gore, aux dernières
élections, et d'autres sénateurs comme Robert Torricelli, Bob Graham, George Allen et John Ensign.
Les congressistes Lincoln Diaz Balart et Ileana Ross Lehtinen assumeront le travail à la Chambre.
En février, Mas Santos avait révélé également d'autres plans de travail qui sont aujourd'hui abordés
avec plus de discrétion si l'on en croit des sources bien informées. Il a affirmé que «la nouvelle
politique doit promouvoir la libre entreprise à Cuba. Elle doit aussi consolider et développer le
secteur des travailleurs indépendants, généralement combatif mais victime d'une forte répression,
ainsi que les propriétaires privés des restaurants ou encore les familles qui louent des chambres ou
des appartements et les paysans indépendants, les centres de soins privés, les foyers gérés par l'
Eglise et d'autres entreprises indépendantes».
Il a signalé en outre que ces secteurs devraient être dispensés du blocus et qu'il faudrait établir
un fond des Etats-Unis administré par des organisations non gouvernementales reconnues, qui se
chargeraient d'accorder des crédits pour établir des commerces privées. Un autre fonds serait
utilisé pour des bourses d'études et de formation à la gestion d'affaires. Selon les sources
mentionnées, il s'agirait d'un centre des intentions subversives.
Selon le quotidien The New York Times, les Cubains contemplés pour recevoir ce financement seraient,
outre les travailleurs indépendants, les prisonniers «politiques», les dissidents, les économistes
indépendants, les journalistes et membres des groupes religieux, ainsi que les groupes agricoles,
qui pourraient ainsi faire entrer leurs produits sur le marché des Etats-Unis et y réaliser des
achats.
Les secteurs qui critiquent la proposition au sein des Etats-Unis, affirment que cette aide
contribuerait à en faire des personnes considérées comme des agents de Washington y que la
législation nord-américaine traite Cuba en ennemie. Ces personnes deviendraient des agents de l'
ennemi, avec les conséquences que cela suppose.
Le projet de loi prévoit aussi des fonds pour que Radio Marti et TV Marti, des chaînes du
gouvernement étasunien, puissent déjouer le blocus de leurs émissions par le gouvernement cubain, et
pour la création de syndicats. Le programme présenté par Mas Santos prévoit aussi l'achat d'
équipements de transmission plus puissants pour ces chaînes et l'aide à des groupes de Cubains pour
organiser des syndicats en coopération avec l'AFL-CIO, une organisation syndicale que le système
nord-américain a reconnu avoir neutralisée il y a des dizaines d'années.
Des aspects oubliés à l'époque et introduits cette fois-ci vont obliger le gouvernement du président
George Bush II à des démarches pour que les Nations Unies approuvent une résolution qui exige de
Cuba le respect des droits de l'homme, la libération de ses prisonniers politiques et l'organisation
d'élections libres.
La nouvelle proposition de Helms et des autres congressistes qui jouissent des financements
habituels, est considérée comme un effort pour éviter que le débat politique traite du problème du
blocus. En effet, dernièrement de fortes pressions sont exercées par des entreprises qui
souhaiteraient établir des relations d'affaires avec Cuba, notamment les secteurs pharmaceutique,
agricole et alimentaire, a reconnu Reuters.
On attend à ce que des critiques de la véritable guerre économique livrée par Washington depuis 40
ans et de l'initiative présente, comme le sénateur Christopher Dodd, le démocrate de plus haut rang
au sein de la Commission des Relations extérieures, s'opposent avec vigueur à ce projet, qui a reçu
le soutien du gouvernement de George Bush II, selon les auteurs du projet. Dodd a déclaré que l'
important, c'est d'aider le peuple cubain en mettant fin au blocus économique et à l'interdiction de
voyager à Cuba.
Helms a déclaré que sa nouvelle proposition ne durcit ni ne détend «l'embargo» imposé à Cuba, mais
elle donnerait la possibilité au gouvernement de Bush d'accorder des autorisations pour des dons de
citoyens étasuniens.
Et prenant les devants sur ses opposants, il n'a pas hésité à avouer qu'il s'agit d'un
investissement qui rebondirait au bénéfice de l'économie nord-américaine au même titre que «l'
investissement réalisé en Europe de l'Est, qui a signifié des bénéfices extraordinaires».
Charles Shumer, également sénateur, a eu ce sage commentaire: Cuba n'est pas la Pologne.
GRANMA INTERNATIONAL