Cuba Solidarity Project : l'histoire d'une tentative de crime humanitaire




textes de :

Howard Zinn
Noam Chomsky
William Blum
Michael Parenti
Piero Gleijeses
Ignacio Ramonet
Leonard Weinglass
Wayne S. Smith
Saul Landau
Michael Steven Smith
James Petras
Jitendra Sharma
Ricardo Alarcon
Gianni Mina
Nadine Gordimer

WASHINGTON CONTRE CUBA
Un demi-siècle de terrorisme

L'affaire des Cinq

dirigé par Salim Lamrani

INTRODUCTION

Les relations entre Cuba et les Etats-Unis doivent être analysées à l'aune d'un postulat incontestable : dans le monde actuel, la diplomatie entre les différentes nations n'est pas régie par la force du droit mais par la loi du plus fort. La violence terroriste a été le principal moteur des relations entre les deux pays.

Dans l'histoire des relations internationales, Cuba a été le pays qui a souffert de la plus longue campagne de terreur, orchestrée par la première puissance mondiale. Il n'existe pas d'autre équivalent. Ce truisme serait connu de tous au sein des sociétés occidentales s'il y existait une quelconque propension à la vérité objective.

Depuis 1959, la population cubaine a vécu sous un état de siège permanent qui a conditionné son mode de vie. La gamme des moyens coercitifs utilisés est impressionnante : invasion militaire directe, menace de guerre nucléaire, attaques biologiques, attentats terroristes, sabotage d'infrastructures, campagnes d'assassinats, strangulation économique, guerre propagandiste et constantes agressions politiques et diplomatiques.

Loin de constituer un paramètre de la « Guerre froide », la doctrine qui consiste à imposer à la Révolution cubaine des conditions destinées à la conduire à sa complète annihilation est toujours en vigueur. En mai 2004, l'administration Bush a accru les sanctions économiques qui affectent gravement la santé des personnes les plus vulnérables, à savoir les femmes, les enfants et les personnes âgées. Washington, au nom d'une aversion antirévolutionnaire et obscurantiste, est résolu à soumettre tout un peuple par la faim, tout en invoquant de manière fallacieuse la notion de « démocratie ».

Il convient cependant de se demander en quoi le fait de financer des attaques paramilitaires contre les Cubains, comme le fait le gouvernement étasunien depuis plus de quarante-cinq ans, aurait comme objectif d'ériger un Etat de droit. Peut-on rétablir la démocratie en pratiquant le terrorisme ? Mener une campagne de propagande qui distille les plus sombres tromperies sur la problématique cubaine et faire preuve d'un flagrant dédain envers la vérité et l'opinion internationale aurait donc un but si noble ?

La guerre contre le terrorisme menée par Washington est à géométrie variable. En réalité, elle est dirigée uniquement contre les groupuscules qui ne servent pas les intérêts hégémoniques étasuniens. Le cas des cinq prisonniers politiques cubains le démontre sans aucune ambiguïté. Au risque de leur vie, Gerardo Hernández Nordelo, Ramón Labañino Salazar, Antonio Guerrero Rodríguez, Fernando González Llort et René González Sehweret se sont infiltrés au sein des clans extrémistes de l'exil cubain de Floride, auteurs de centaines d'attentats contre le peuple cubain. Le gouvernement de Cuba, après avoir réuni des preuves irréfutables grâce à ses services de renseignements, a informé le FBI des activités criminelles des fanatiques de Miami. En guise de réponse, les Cinq furent arrêtés et condamnés à quatre peines de réclusion criminelle à perpétuité, doublées de 77 ans de privation de liberté.

Des auteurs de renommée internationale tels Ricardo Alarcón, William Blum, Noam Chomsky, Piero Gleijeses, Nadine Gordimer, Saul Landau, Gianni Miná, Michael Parenti, James Petras, Michael Steven Smith, Ignacio Ramonet, Jitendra Sharma, Wayne Smith, Leonard Weinglass et Howard Zinn, dont le dévouement pour les causes progressistes du monde entier est connu de tous, ont accepté de participer à ce projet collectif dès qu'ils en ont eu connaissance. Les seize textes suivants tentent de faire la lumière sur la complexe question cubaine et sur les racines et les objectifs de la politique étrangère des Etats-Unis depuis la fin du XVIIIe siècle.

Le terrorisme est un fléau, et le cynisme est à son comble lorsqu'il est pratiqué par la première puissance mondiale qui, prétendant le combattre, se permet dans le même temps de condamner à perpétuité d'héroïques hommes qui ont risqué leur vie pour empêcher des atrocités comme celles du 11 septembre 2001 commises contre des civils innocents.

L'objectif de cet ouvrage est de faire connaître la vérité au peuple français et à la communauté internationale, et de révéler les barbaries commises par Washington contre Cuba. Les citoyens du monde entier ont démontré qu'ils pouvaient défendre des causes généreuses à condition de pouvoir échapper à la puissante machine de désinformation et d'endoctrinement que constituent les transnationales de l'information. L' ambition de ce projet est d'offrir au grand public les outils historiques qui lui permettront de formuler un jugement pertinent sur l'un des pans les plus anachroniques et cruels de la politique étrangère des Etats-Unis.

Revendiquer le droit du peuple cubain à être maître de son destin, à vivre en liberté et en paix, est plus qu'une action louable, c'est une obligation impérieuse et urgente. Lutter pour la libération des Cinq est plus qu'un acte noble, il s'agit d'un devoir nécessaire et capital.

SALIM LAMRANI

Prix : 15 euros

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L'HUMANITE :
Cuba dans le rêve colonial américain

Géopolitique. Dans un livre collectif, des historiens et politologues remontent aux racines de l'intérêt expansionniste des dirigeants des États-Unis pour leur voisin insulaire.

Washington contre Cuba.
Un demi-siècle de terrorisme.

Ouvrage coordonné par Salim Lamrani, Éditions Le temps des cerises, 2005, 232 pages, 15 euros.

Quinze textes signés de grands noms pour permettre de mieux comprendre la politique étasunienne en direction de Cuba. Tout contre une « mauvaise révolution », comme l'explique Wiliam Blum, l'un des fondateurs du Washington Free Press qui nous fait plonger dans les archives et la presse du début des années soixante.

L'intérêt de Cuba pour les USA ne commence pas en 1959, mais au début du XIXe siècle, depuis que les États-Unis ont fait de la doctrine Monroe le fondement de leur politique dans les Amériques. Le professeur Howard Zinn rappelle ce que l'ancien président Thomas Jefferson écrivait à son successeur James Monroe : « Je confesse humblement que j'ai toujours considéré Cuba comme l'ajout le plus intéressant qui puisse être fait à notre système d'États. Le contrôle que, depuis la pointe de la Floride, nous offrirait cette île sur le golfe du Mexique... comblerait la mesure de notre bien-être politique. » Howard Zinn rappelle les guerres d' indépendance de Cuba contre l'Espagne et la manière dont les États-Unis en ont tiré profit, et les multiples interventions des marines entre 1900 et 1933, à Cuba (quatre), au Nicaragua (deux), au Panama (six), au Guatemala (une) et au Honduras (sept).

Cet intérêt pour Cuba est confirmé par Noam Chomsky : « Depuis les premiers temps de la révolution américaine les pères fondateurs avaient les yeux rivés sur Cuba et ne s'en cachaient pas. » Le linguiste et politologue décortique la politique d'agression, unique en son genre, contre La Havane. La baie des Cochons, le blocus et les lois scélérates qui l'ont aggravé, le rôle de la CIA et des groupes de Cubains exilés, la volonté de mettre Cuba à genoux en faisant que « le mandat de Fidel Castro se termine sur un échec intérieur et non comme un martyr ».

Avec Miami, nid de terroristes et la Fédération nationale cubano-américaine (FNCA) et le terrorisme international, Ignacio Ramonet et Salim Lamrani aident à mieux comprendre la haine et le pouvoir des groupes anticastristes qui ont conduit, en 1998, à Miami, à la condamnation de cinq Cubains, arrêtés aux États-Unis, en mission de renseignement. Léonard Weinglass raconte leur histoire, mais c'est d'un ancien responsable de la section des intérêts américains à La Havane, de 1977 à 1979, Wayne S. Smith, que vient l'explication. Il en a fait personnellement l'expérience : on ne peut pas gagner un procès à Miami. Il faut aller en appel là où l'on a « à faire à la loi et non pas aux émotions politiques ». Wayne S. Smith avait dit dès le départ qu'il ne pouvait y avoir de procès juste pour les cinq hommes dans un comté où 49,7 % des personnes pensent qu'il faut une intervention militaire contre Cuba alors que ce taux dans le pays est de 8,1 %.

Un livre contre la désinformation, à lire au moment où, par décision du 9 août dernier, la cour d'appel d'Atlanta a annulé les sentences émises contre les cinq hommes et que l'affaire est renvoyée devant le tribunal de première instance, pour un nouveau procès hors de Miami. Mais les cinq de Miami sont toujours en prison (www.freeforfive.org).

Françoise Escarpit

Article paru dans l'édition du 25 octobre 2005.