William Blum - Septembre 2002
L’association des avocats de la Floride "Florida Association of Criminal Defense Lawyers" a décerné à l’équipe d’avocats le prix "Contre Tout Espoir", prix destiné à un avocat qui défend les causes perdues d’avance (1).
Tenter de défendre des Cubains pro-Castristes à Miami, dans une affaire politisée à outrance, et avec le gouvernement des Etats-Unis totalement décidé à avoir la peau de quelques communistes, est une tâche aussi risquée que de livrer une guerre terrestre à la Russie en pleine hiver.
Même en l’absence d’exilés cubains anti-castristes connus au sein du jury, l’énorme influence exercée par les exilés sur le reste de la communauté est un fait incountournable à Miami, une ville où le mot "pro-Castro" provoque le même effet que le mot "bombe" dans un aéroport.
Le Président Bush a toujours affirmé qu’il ne céderait pas aux appels à lever l’embargo commercial contre Cuba tant que Fidel Castro ne libère pas ce que Washington appelle "les prisonniers politiques". Bush l’affirme au moment où 10 Cubains moisissent dans les prisons des Etats-Unis, essentiellement parce qu’ils ne sont pas le genre de Cubains que George W. aime. Si la définition d’un prisonnier politique est celle d’une personne détenue pour ses opinions politiques et/ou son appartenance à une association, alors les 10 Cubains peuvent être considérés comme des prisonniers politiques.
Tout a commencé en Septembre 1998 lorsque le Département de Justice accusa 14 Cubains de la Floride du Sud de "conspiration dans le but de recueillir et transmettre des informations de défense au profit d’un gouvernement étranger, en l’occurrence la République de Cuba" et de se n’être pas faits enregistrés comme "agents d’un gouvernement étranger". (2) Quatre des accusés n’ont jamais été arrêtés et sont peut-être retournés à Cuba.
Cinq des cubains arrêtes, qui n’avaient pas une très grande confiance dans la justice des Etats-Unis, ont plaidé coupable pour éviter les peines plus lourdes et furent condamnés à des peines de trois et sept ans de prison.
Le Procureur Général a dit que les actes des accusés — qui étaient sous surveillance depuis 1995 — constituaient une "tentative de frapper le coeur même de notre système de sécurité et de notre système démocratique". (3) Leurs actes, ajouta le juge, "ont mis en grand danger notre pays et ses habitants". (4)
Un tel langage paraitrait plus approprié pour désigner les attentats du 11 Septembre 2001 que le comportement inoffensif des accusés. Pour en rajouter dans le registre mélodramatique, dans les actes d’accusation, dans les déclarations publiques, dans le tribunal, le gouvernement fédéral a rabaché jusqu’à satiété le fait que les Cubains avaient pris part à des activités des organisations anti-Castristes — cela fut présenté comme "une duplicité dans la participation et une manipulation" de ces organisations. (5) Mais tout cela n’était destiné qu’aux média et au jury, parce qu’il n’y a à l’évidence aucune loi contre le fait de participer à une organisation pour laquelle vous n’avez aucune sympathie. Finalement, après tout ce remue-ménage de propagande, les inculpés n’ont pas été accusés pour ces raisons.
Les Cubains n’ont pas nié. Leur mission aux Etats-Unis consistait à prévenir leur pays parce que depuis des années les exilés Cubains anti-Castristes ont mené, depuis les Etats-Unis, littéralement des centaines d’actes terroristes contre Cuba, y compris celle récente de 1997 lorsque des bombes explosèrent dans des hotels à la Havane. Un de ces groupes d’exilés, Omega 7, dont le siège se trouve à Union City, New Jersey, fut qualifié par le FBI en 1980 comme "l’organisation terroriste la plus dangereuse des Etats-Unis". (6)
Certains exilés furent appelés à témoigner, lorsque le procés débuta en Décembre 2000, et les avocats de la défense leur posèrent des questions sur leurs activités. Un temoin raconta les tentatives d’assassinat contre Fidel Castro et les bus et camionnettes cubains incendiés. Sur la base de leurs réponses, les procureurs ont menacé de trainer en justice pour crime organisée tout groupe dont les membres feraient de tels témoignages et le Procureur Général a prévenu que si d’autres éléments devaient surgir contre les membres du groupe Alpha 66, considérée comme une organisation paramilitaire, le groupe serait poursuivi pour "ses attaques constantes contre le gouvernement Cubain." (7)
Depuis des années Cuba se plaint que les autorités étatsuniennes ignorent les informations fournies par la Havane sur ceux aux Etats-Unis qui financent et organisent cette violence. (8) En fait, aucun des témoins ni aucune des organisations auxquelles ils appartennent n’ont fait l’objet de poursuites.
Les Cubains arrêtés étaient impliqués dans une action anti-terroriste — si souvent invoquée en paroles par le gouvernement des Etats-Unis — mais ils agissaient contre les mauvais terroristes. Ils ont même transmis au FBI une partie de ce qu’ils savaient sur les activités de terrorisme et de traffic de drogue des exilés Cubains — y compris des informations sur les attentats contre les hotels de 1997, alors que de telles informations étaient généralement transmises par des voies diplomatiques à la Havane. A priori, c’est cela qui a motivé que l’acte d’accusation parle "d’une tentative de manipuler les institutions politiques des Etats-Unis et les entités gouvernementaux par le biais de la désinformation et d’une prétendue coopération" (9) — ainsi, chaque action des accusés fut présentée sous le plus mauvais angle possible.
Un des Cubains, Antonio Guerrero, fut embauché comme ouvrier (pour creuser des trous, comme métallurgiste, etc) à la base navale US de Boca Chica, Foride, près de Key West. L’accusation affirma que Guerrero avait été mandaté par Cuba pour suivre les allées et venues des avions militaires afin de détecter "des exercices inhabituels, des manoeuvres, ou toute activité relative à la préparation au combat". (10) L’avocat de Guerrero, pour bien démontrer le caractère public de telles informations, a souligné que toute personne assise dans une voiture sur la route 1 pouvait facilement suivre les décollages des avions de la base. (11)
Cette opération en particulier est la plus difficile à saisir, car il difficile de savoir quel est le plus improbable : que le gouvernement des Etats-Unis décide d’une nouvelle attaque contre Cuba ou que ces Cubains puissent tirer des informations utiles de cette manière, ou de toute autre manière.
Le FBI a admis que les Cubains n’avaient pénétré aucune base militaire et que leurs activités n’ont "jamais présenté un danger". "Il n’ont pas réussi," a déclaré le porte-parole du FBI. Le Pentagone ajouta que "il n’y a pas d’indications qu’ils aient eu accès à des informations secrètes ou à des sujets sensibles". (12)
Ces déclarations, bien-sûr, n’avaient pas pour but d’aider la défense des Cubains, mais plutôt de rassurer leur monde sur l’inviolabilité des différents systèmes de sécurité. Mais, en en mot comme en cent, le gouvernement était en train d’admettre que rien n’avait éré fait qui puisse être qualifé "d’espionnage" ni même qu’il y eut l’intention de le faire.
Malgré cela, trois des accusés furent accusés de communiquer à Cuba "des informations relatives à la défense nationale des Etats-Unis...avec de bonnes raisons de penser que cette information serait utilisée pour porter atteinte à la sécurité des Etats-Unis." (13)
Les agents du FBI qui s’étaient livrés à une surveillance étroite des Cubains depuis plusieurs années n’ont pas paru préoccupés par les rapports que ces "espions" envoyaient à la Havane et n’ont pas tenté d’interrompre les transmissions. En fait, le FBI a arrêté ces Cubains uniquement parce qu’un de leurs ordinateurs et des disquettes, qui contenaient des informations sur leurs activités, avaient été volés. Le FBI craignait que les Cubains ne rentrent au pays et que toute l’opération de surveillance tombe à l’eau. (14)
Plus crédible, les cubains arrêtés furent accusés "d’agissement en tant qu’agent non enregistré au profit d’un gouvernement étranger, Cuba." Cependant, au moins au cours ces cinq années précédentes, personne aux Etats-Unis n’a été accusé pour de telles raisons (15). Eu égard à la définition vague "d’agent étranger", le Département de Justice aurait sans aucun doute eu de nombreuses occasions pour inculper des individus pour les mêmes raisons, s’il y avait eu les mêmes motivations politiques que dans cette affaire.
En plus de l’accusation d’agent étranger non enregistré, il y a eu la liste habituelle des accusations qu’un procureur peut assez facilement concocter : falsification de passeport, fausse identité, conspiration pour frauder les Etats-Unis, assistance à un ou plusieurs des co-accusés, tentative d’espionnage, et autres furent autant d’accusations supplémentaires collées sur leur dos - en plus de celle d’être des agents étrangers non enregistrés.
Il y eut une accusation grave, qui fut portée huit mois après l’arrestation du chef présumé du groupe, Gerardo Hernandez : conspiration pour meurtre, en référence au 24 février 1996, lorsque deux avions (sur un total de trois) furent abattus par un avion de chasse cubain, tuant quatre pilotes civils de Miami, membres du groupe Brothers To The Rescue - BTTR (Frères à la Rescousse - NdT). En réalité, le gouvernement Cubain n’a fait que ce que tout autre gouvernement au monde aurait fait dans les mêmes circonstances. Les avions se trouvaient à l’intérieur de l’espace aérien Cubain, avec des intentions hostiles affichées, et les autorités Cubaines ont lancé aux pilotes des avertissements très clairs : "vous êtes en train de prendre des risques". En fait, le groupe Brothers To The Rescue, qui patrouillent la mer entre la Floride et Cuba à la recherche de réfugiés, avait déjà reçu des mises en garde similaires sur le danger de pénétrer l’espace aérien Cubain et ce de la part des autorités Cubaines ainsi que de la part des autorités Etats-Uniennes elles-mêmes. (16)
José Basulto, chef de BTTR, et le pilote de l’avion qui est sorti indemne, ont avoué au procés qu’ils avaient reçu des mises en garde que Cuba abattrait un avion qui violerait son espace aérien (17). En 1995, Basulto avait emmené un cameraman de NBC pour voler en rasant les toits du centre de la Havane et pour lancer des tracts et des médailles religieuses sur les rues en dessous (18), ces dernières pouvant blesser quelqu’un. Basulto — un collaborateur de longue date de la CIA qui a une fois tiré au canon dans un hotel Cubain rempli de monde (19) — a décrit un des vols de BTTR au dessus de la Havane comme "un acte de désobéissance civique". (20)
Les avions de son organisation ont pénétré le ciel Cubain à neuf occasions au cours des deux années qui précédèrent et à chaque fois les pilotes recevaient des avertissements de la part de Cuba qu’ils seraient abattus s’ils poursuivaient ces provocations, mais les pilotes les ignoraient. Un ancien enquêteur fédéral de l’aviation US témoigna au procès que les avions avaient ignoré les avertissements et qu’ils avaient pénétré une zone déclarée "zone dangereuse". (21)
Un ancien colonel de l’Air Force a témoigné aussi ainsi qu’un ancien commandant de la North American Air Defense Command (NORAD), George Buchner. En citant les retranscriptions des conversations entre un commandant Cubain au sol et les pilotes des MIG en vol, il a déclaré que les deux avions étaient "largement à l’intérieur de l’espace aérien Cubain" et que le pilote Cubain "fit preuve de retenue" en abandonnant la poursuite du troisième avion qui avait fait demi-tour et se dirigeait vers l’espace aérien international.
Les conclusions de Buchner étaient en contradiction avec les analyses préalables effectuées par les Etats-Unis et l’Organisation Internationale de l’Aviation Civile (qui dépend largement des informations fournies par les services US). Cependant, il ajouta que les avions agissaient de concert et que Cuba était dans son droit de les attaquer - même dans l’espace aérien international - parce que l’avion qui s’échappait avait pénétré l’espace Cubain, fait admis par l’accusation et les enquêteurs.
"Le fait déclencheur" a dit Buchner, "fut lorsque le premier avion traversa la limite territoriale de 12 miles. A ce moment le gouvernement Cubain pouvait exercer son droit souverain et protéger son espace aérien." De plus, il déclara que les avions de BTTR ne pouvaient prétendre au statut d’avions civils parce qu’ils portaient toujours les signes de l’US Air Force et qu’ils avaient participé à des largages de tacts contre le gouvernement Cubain. (22)
Deux jours après l’incident, le New York Times écrivait "des officiels des services de renseignement des Etats-Unis ont déclaré qu’un moins un des avions - l’avion de tête, qui est retourné indemne en Floride - et peut-être les trois, avait violé l’espace aérien Cubain." Les officiels US étaient d’accord avec le gouvernement Cubain pour dire que "les pilotes ont ignoré les avertissements directs de la part de la tour de contrôle de la Havane". (23)
Hernandez fut accusé de meurtre pour avoir fourni aux autorités Cubaines le plan de vol des avions abattus (24). Même si cela était vrai, l’accusation parait insensée, car l’Administration de l’Aviation Fédérale (FAA) déclara après l’incident que BTTR avait transmis leur plan de vol à leur agence et ensuite l’avait transmis éléctroniquement à la tour de contrôle de la Havane (25). En tout état de cause, en cette journée de février, lorsque trois avions traversèrent la 24eme parallèle — la limite qui précède la zone de 12 miles que le gouvernement Cubain considère comme une zone de défense aérienne — Basulto signala sa présence par radio à la tour de contre de la Havane et les informa de son intention de continuer vers le sud. La Havane, qui suivait déjà le vol des avions, répondit "Nous vous informons que la zone nord de la Havane a été activée [état d’alerte aérienne]. Vous prenez un risque en volant au sud du 24eme". (26)
Hernandez fut aussi accusé d’avoir informé la Havane, en réponse à une question, qu’aucun des agents Cubains ne se trouverait à bord des avions de BTTR au cours de cette période ; un des agents avait déjà effectué un vol pour BTTR. Cela aussi fut traduit par l’accusation comme "un meurtre avec préméditation, ..." (27)
En dernière analyse, les avions ont été abattus après avoir pénétré l’espace aérien Cubain, avec des intentions hostiles, et après avoir ignoré de nombreux avertissements des deux gouvernements. Après le survol de BTTR du 13 janvier 1996, Castro avait ordonné à ses forces aériennes d’abattre tout avion qui pénétrerait illégalement l’espace aérien Cubain. (28) Deux semaines seulement avant l’incident, une délégation d’officiels US à la retraite sont revenus de la Havane en prévenant que les autorités Cubaines semblaient décidées à abattre les Cessnas de BTTR (29). Gerardo Hernandez n’avait aucune responsabilité dans cette affaire et il y avait en plus une longue historique d’avions qui décollaient des Etats-Unis vers Cuba pour effectuer des bombardements, des mitraillages, des invasions, des assassinats, des actes de subversion, des parachutages d’armes, des sabotages agricoles et industriels, et d’autres missions aggressives. (29) Selon un ancien membre de BTTR — qui a fait défection pour Cuba et qui était peut-être un agent-double depuis le début — Basulto a discuté avec lui sur les moyens d’introduire des explosifs à Cuba pour saboter les lignes à haute-tension indispensables au système électrique Cubain et de plans pour introduire des armes destinées à attaquer les dirigeants cubains, y compris Fidel Castro (31).
Au moment de l’incident, Cuba était en état de siège depuis 37 ans et ne pouvait jamais être certain des intentions de ces pilotes ennemis. Pourtant, Hernandez a été condamné à passer le reste de sa vie en prison.
Ramon Labanino et Antonio Guerrero, le travailleur manuel à la base navale, furent aussi condamnés à la prison à vie ; ils ont été jugés coupables, avec Hernandez, de conspiration d’espionnage. Fernando Gonzalez fut condamné à 19 ans et demi, et René Gonzales à 15 ans. Tous les cinq furent condamnés pour avoir agi en tant qu’agents non enregistrés au service d’un gouvernement étranger ainsi que pour conspiration — selon la lithanie des accusations si chère aux procureurs étatsuniens — d’agir en tant que tels. Tous, à l’exception de René Gonzalez — qui a la nationalité étatsunienne — ont vu la liste d’accusations s’abattre sur eux.
Depuis leur arrestation, les cinq hommes ont passé la majeure partie de leur temps en régime solitaire. Après leur condamnation, ils ont été éparpillés dans cinq prisons différentes du pays — Pennsylvanie, Californie, Texas, Wisconsin et Colorado — rendant difficiles les visites de leurs avocats et amis. L’épouse et la fille agée de cinq ans de René Gonzalez se sont vus refuser un visa pour les Etats-Unis. L’épouse de Hernandez était déjà à l’aéroport de Houston avec tous ses papiers à la main lorsqu’elle fut refoulée, mais pas avant de subir plusiers heures d’humiliations de la part du FBI.
Les Etats-Unis sont actuellement engagés dans une campagne mondiale, d’une durée indéterminée et au-dessus des lois pour détruire les droits de tout individu qui — sur la foi de preuves douteuses et même sans preuves du tout — pourrait représenter une menace terroriste de quelque nature que ce soit.
Mais si des Cubains — qui ont une longue histoire d’attaques terroristes contre eux et dont les auteurs sont connus — prennent le minimum de mesures pour se protéger de futures attaques, ils découvrent que Washington leur interdit de participer à la Guerre Contre le Terrorisme. Et ceci d’autant plus que ces mêmes exilés Cubains ont commis de nombreux actes terroristes aux Etats-Unis même.
NOTES
1)Associated Press (AP), May 11, 2001
2) US District Court, Southern District of Florida, case #98-3493, Criminal Complaint, September 14, 1998, "Conclusion" paragraph. Hereafter, "Criminal Complaint".
3) EFE News Service (based in Madrid, with branches in the US), March 28, 2001
4) Miami Herald, September 18, 1998
5)Criminal Complaint, paragraph 7
6) New York Times, 3 March 1980, p. 1
7) EFE News Service, March 28, 2001
8) See for example Miami Herald, March 28, 2001, p.1B
9) Criminal Complaint, paragraph 7 ; see also paragraph 26.
10) Ibid., paragraph 19
11) Miami Herald, September 23, 1998
12) Washington Post, September 15, 1998, Miami Herald, September 16, 1998
13) US District Court, Southern District of Florida, Case No. 98-721, Second Superseding Indictment, May 7, 1999, Count 2, Section D
14) Miami Herald, September 16, 1998
15) Department of Justice, Bureau of Justice Statistics, reported to author by John Scalia, statistician
16) Associated Press, May 8, 2001
17) EFE News Service, March 28, 2001
18) Carl Nagin, "Backfire", The New Yorker, January 26, 1998, p.32
19) Jefferson Morley, "Shootdown", Washington Post Magazine, May 25, 1997, p.120.
20) EFE News Service, February 1, 2001
21) Ibid., March 1, 2001
22) Associated Press, March 21, 2001, Miami Herald, March 22, 2001
23) New York Times, February 26, 1996, p.1
24) Associated Press, December 5, 2000
25) New York Times, February 26, 1996, p.1. It is not clear from the article whether the transmission was made by the FAA or by BTTR.
26) The New Yorker, op. cit., p.34
27) Second Superseding Indictment, see op. cit., Count 3, Section A
28) The New Yorker, op. cit., p.33
29) Newsweek, March 11, 1996, p.48
30) Jane Franklin, Cuba and the United States : A Chronological History (Ocean Press, Australia, 1997), see index under "Planes used against Cuba" ; William Blum, Killing Hope : US Military and CIA Interventions Since World War II (Common Courage Press, Maine, 1995), Cuba chapter.
31) Washington Post, February 27, 1996

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