«Lorsque les Etats-Unis sont venus chercher Cuba, nous n'avons rien dit, nous n'étions pas Cubains.»
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BLOCUS
AG ONU Novembre 2005 - déclarations sur le blocus
par divers
9 novembre 2005

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE : NÉCÉSSITÉ DE LEVER LE BLOCUS ÉCONOMIQUE, COMMERCIAL ET FINANCIER IMPOSÉ À CUBA PAR LES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE (EN COURS)

L’Assemblée générale a adopté, ce matin, par 182 voix pour, 4 voix contre (États-Unis, Israël, Îles Marshall et République des Palaos) et une abstention (États fédérés de Micronésie), la résolution A/60/L.9, intitulée « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis d’Amérique ».

NÉCÉSSITÉ DE LEVER LE BLOCUS ÉCONOMIQUE, COMMERCIAL ET FINANCIER IMPOSÉ À CUBA PAR LES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE

Déclarations

M. STAFFORD O. NEIL (Jamaïque), s’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a déclaré que ce Groupe était opposé aux mesures unilatérales coercitives opposées aux pays en développement. Lors du second Sommet du Sud, qui s’est tenu en juin dernier à Doha, a-t- il rappelé, les chefs d’État et de gouvernement ont lancé un appel vigoureux pour mettre fin immédiatement à l’embargo économique, financier et commercial imposé depuis 40 ans par les États-Unis contre Cuba. Le représentant a ajouté que les responsables du Sud avaient exigé du Gouvernement américain qu’il mette fin immédiatement à ces sanctions qui sont contraires à la Charte de l’ONU, au droit international et aux principes de bon voisinage. Ils ont demandé le respect des résolutions de l’Assemblée générale et rejeté les nouvelles mesures mises en œuvre par les États-Unis, destinées à renforcer cet embargo.

Les États-Unis et Cuba, a-t-il poursuivi, sont liés par l’histoire et la géographie, par conséquent ce blocus et ces mesures coercitives devraient être remplacés par le dialogue et la coopération. La poursuite de telles mesures contre Cuba est contraire aux engagements internationaux pour un partenariat global en faveur du développement ainsi qu’aux principes du commerce international. Elles causent beaucoup de souffrances au peuple cubain dont les difficultés ont été aggravées ces deux dernières années par des pertes importantes dues aux ouragans, a souligné M. Neil, qui a demandé que la communauté internationale leur apporte tout son soutien. Il faut que les États-Unis lève ce blocus et aille vers un processus de normalisation avec Cuba à travers des négociations pacifiques basées sur le principe de respect mutuel et de non-ingérence dans les affaires intérieures, a-t-il conclu, rappelant que le Groupe des 77 et la Chine appuyait le projet de résolution soumis à l’Assemblée générale.

M. JULIAN HUNTE (Sainte-Lucie) a réaffirmé le respect de la Charte des Nations Unies qui garantit les principes du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de souveraineté et de non-ingérence. Dès lors, Sainte-Lucie estime que les mesures punitives et les restrictions commerciales qui ont été imposées à Cuba de manière unilatérale vont à l’encontre des principes d’un commerce libre et équitable et du droit international. « Cuba coopère efficacement avec la CARICOM en matière de commerce et de lutte contre le VIH/sida », a affirmé M. Hunte, avant d’indiquer qu’il souhaitait que ces relations soient renforcées pour accélérer le processus d’intégration des pays de la région des Caraïbes et accroître la compétitivité et le développement de cette région.

Par ailleurs, Cuba fournit régulièrement de l’aide et du personnel médical lors des catastrophes naturelles ainsi que des bourses d’études à des étudiants des pays de la CARICOM, contribuant ainsi au développement des ressources humaines dans la région, a insisté M. Hunte. « Cuba fait partie intégrante des Caraïbes et, loin de menacer les autres États, il contribue au développement économique et social de tous les pays de la région », a déclaré le représentant de Sainte-Lucie, avant de réaffirmer le droit du peuple cubain à choisir son propre gouvernement. Enfin, M. Hunte a dénoncé l’embargo contre Cuba et a rappelé que les récentes catastrophes naturelles avaient souligné le besoin de coopération et de solidarité au sein des Amériques tout comme le caractère inhumain du blocus pour la population cubaine. La communauté des États des Caraïbes, qui entretient de bonnes relations avec les États-Unis, exhorte ces derniers à respecter la volonté de la communauté internationale et à engager un dialogue constructif afin de normaliser ses relations avec Cuba et de ramener la paix dans les Amériques », a souligné M. Hunte.

M. ENRIQUE BERRUGA FILLOY (Mexique) a d’abord rappelé que le Mexique ne pouvait que rejeter l’application de lois unilatérales et la mise en œuvre de mesures coercitives à l’encontre de Cuba sans l’autorisation consacrée dans la Charte des Nations Unies, du fait de leurs conséquences sur le plan humanitaire, de leur contradiction avec les principes établis du droit international, et de leur abandon progressif de la diplomatie et du dialogue en tant que moyens de résolution des différends entre États.

Il a indiqué que sa délégation rejetait le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba de façon unilatérale et qu’à ce titre, le Mexique avait pris des mesures au niveau national ainsi qu’au niveau régional afin de compenser les effets extraterritoriaux de toute législation ou règlement étrangers affectant le libre échange, la liberté de navigation ou violant le droit international au détriment de quelque État que ce soit, et a ajouté que son pays continuerait cette politique. Il a précisé que son pays soutenait fermement l’accession de Cuba à tous les mécanismes d’intégration régionale, y compris sa participation aux conférences ibéro- américaines des chefs d’État et de gouvernement et son adhésion à l’Association latino-américaine d’intégration (ALADI). Enfin, il a rappelé que son pays allait renouveler pour la quatorzième fois son appui à la levée du blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis.

Mme BAI YONGJIE (Chine) a estimé que le blocus et les sanctions imposés depuis 40 ans par les États-Unis avaient compromis les intérêts de Cuba et d’autres pays et nuisaient sérieusement au droit international. Les États-Unis n’ont aucunement cherché à modifier leur politique de blocus, a-t-elle assuré, notant que Cuba n’avait jamais eu le soutien qu’il méritait de la part du pays le plus développé du monde. Le blocus imposé à Cuba constitue une violation des principes de la démocratie, des libertés et des droits de l’homme, a-t-elle observé. Il constitue également, selon elle, une violation des règles du commerce international, des dispositions de la Charte des Nations Unies. Le caractère extraterritorial représente une violation du droit international et porte atteinte à la crédibilité des États-Unis lorsque ceux-ci appellent les autres pays à respecter l’état de droit.

La représentante a également constaté que si, contrairement à ce qu’estiment les États-Unis, quelque 80 pays subissaient les conséquences de ce blocus, la communauté internationale était, à ce titre, légitimement fondée à en réclamer la levée de ce blocus. Selon elle, les pays devraient pouvoir choisir leur système politique, social et économique ainsi que leur mode de développement en fonction des circonstances propres auxquels ils sont confrontés. La Chine s’oppose au blocus économique, commercial et financier contre Cuba et appuie les efforts du Gouvernement et du peuple de Cuba pour défendre leur souveraineté, a-t-elle déclaré, ajoutant que son pays appuyait le projet de résolution présenté par Cuba.

M. TUVAKO N. MANONGI (République-Unie de Tanzanie) a d’abord rappelé que son pays restait préoccupé par les répercussions de l’embargo économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États- Unis, notamment dans les secteurs de l’agriculture, des pêcheries, de l’industrie alimentaire, de l’éducation, de la santé, du tourisme, des transports, de l’industrie de la construction, des services et des échanges, dont les pertes se chiffraient à 70 milliards de dollars. Il a indiqué que la levée du blocus imposé à Cuba permettrait d’améliorer la situation économique en général sur le plan régional et d’assurer une intégration plus soutenue de ce pays au système économique international.

Il a aussi rappelé qu’à l’instar de nombreux autres pays, la République-Unie de Tanzanie demeurait préoccupée par l’existence des sanctions imposées par la loi Helms-Burton, qui avait des effets extraterritoriaux portant atteinte à la souveraineté d’États ayant des relations avec Cuba. Il a précisé que le caractère extraterritorial de cet embargo continuait de léser considérablement Cuba ainsi que des États tiers qui ne pouvaient pas tirer pleinement parti des perspectives offertes par l’économie cubaine. Enfin, il a exhorté le Gouvernement des États-Unis de lever l’embargo et de normaliser ses relations avec Cuba.

M. HAMIDON ALI (Malaisie) a rappelé que l’Assemblée générale avait, depuis 1991, constamment manifesté son rejet des mesures punitives portées contre un État Membre afin de faire pression pour qu’il procède à sa réforme politique. Dans ce contexte, il a souligné que l’adoption d’une résolution de l’Assemblée générale en octobre 2004 par 179 États Membres avait exprimé la quasi-unanimité des délégations en faveur du rejet du blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis et de sa levée immédiate. En effet, M. Ali a estimé que ce blocus portait préjudice à Cuba, à sa population et visait également à limiter l’accès de Cuba au marché et aux technologies afin qu’elle change son régime politique. En outre, il a regretté que ce blocus soit contraire aux principes et résolutions des Nations Unies et de l’Organisation mondiale du commerce. M. Ali a ensuite affirmé que son pays restait opposé à l’application du blocus qui, étant contraire au droit international, empêchait aux habitants de ce pays d’assurer leur bien-être. Rappelant que ce blocus se chiffrait à 82 milliards de dollars, le représentant malaisien a exhorté les États- Unis à respecter le droit international et à entamer le dialogue avec Cuba. « Dans un monde où l’interdépendance entre les États se veut croissante, l’Assemblée générale va, pour la quatorzième année, rejeter le blocus imposé à Cuba par les États-Unis », a rappelé M. Ali. Réaffirmant la position exprimée par le Mouvement des pays non alignés à Kuala Lumpur en 2003, la Malaisie appelle ainsi la communauté internationale à poursuivre ses efforts pour que ce blocus cesse au plus vite. La Malaisie qui entretient d’excellentes relations avec Cuba et les États-Unis, regrette que Cuba ne soit pas en mesure de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement en raison de l’embargo imposé depuis 44 ans.

M. XOLISA MABHONGO (Afrique du Sud) a affirmé que son pays s’opposait à toutes les modalités du blocus imposé par les États- Unis contre Cuba, lequel, a-t-il dit, constitue une violation des principes de l’égalité souveraine des États et de non-ingérence dans les affaires intérieures de ceux-ci. L’Afrique du Sud, a-t-il ajouté, est contre toutes les formes de mesures économiques utilisées comme moyens de coercition politique et économique et croit que seul un dialogue constructif peut renforcer la confiance mutuelle et l’harmonie. Ce blocus économique, commercial et financier ne cesse d’être rejeté par un nombre croissant des États Membres, a-t-il également assuré, soulignant ainsi que son pays appuyait, une fois de plus, le projet de résolution présenté par Cuba.

M. LE LUONG MINH (Viet Nam) a rappelé que l’Assemblée Générale avait adopté de manière constante depuis 14 ans une résolution appelant à la levée du blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis. Il a indiqué qu’au cours des quatre dernières décennies, le coût de l’embargo s’était chiffré à approximativement 80 milliards de dollars et que ses effets se répercutaient dans des secteurs aussi divers que l’alimentation, l’agriculture, le transfert des technologies, la santé, l’éducation, la culture, les échanges scientifiques, les transactions commerciales et les conditions de vie au quotidien du peuple cubain.

Il a précisé que le maintien de l’embargo économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis n’avait servi qu’à envenimer les relations entre les deux pays. Les différends existant entre les États-Unis et Cuba, a-t-il ajouté, doivent être résolus par la voie du dialogue et de la négociation, en se fondant sur le principe du respect de l’indépendance et de la souveraineté de chaque pays, de la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un pays et sur le respect et la compréhension mutuelles. Enfin, le représentant a indiqué que son pays votait en faveur de la résolution introduite par la délégation de Cuba.

M. ALOUNKEO KITTIKHOUN (République populaire démocratique lao) a rappelé que le deuxième Sommet du Sud, tenu à Doha en juin dernier avait réitéré l’appel lancé au Gouvernement des États-Unis pour qu’il mette fin au blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba. « Dans ce monde aussi complexe et changeant, la coopération entre États, sans distinction de leurs régimes socioéconomiques, demeure un élément essentiel dans la préservation de la paix ainsi que la promotion du développement social et économique dans le monde », a déclaré M. Kittikhoun. C’est pourquoi, le représentant a regretté le maintien de mesures commerciales unilatérales et discriminatoires, en dépit des résolutions de l’Assemblée générale qui interdisent la promulgation de lois dont les effets extraterritoriaux porteraient atteinte à la souveraineté d’autres États Membres et à la liberté du commerce. M. Kittikhoun a ainsi affirmé que son pays continuerait d’œuvrer en vue de mettre fin à l’embargo contre Cuba. Déplorant les souffrances infligées au peuple cubain, M. Kittikhoun a rappelé que ce blocus n’avait profité à aucune des deux parties et qu’il avait au contraire crée des tensions entre les pays avoisinants. Il a conclu en appelant les États Membres à mettre fin à ce « blocus anachronique ».

M. YASIR A. ABDELSALAM (Soudan) a déclaré qu’en vertu de la Charte de l’ONU, les États doivent respecter la justice et l’égalité entre les peuples. Nous sommes passés d’une époque où la force était de mise à une époque où les relations internationales sont évaluées aussi en fonction du respect des autres et des droits de chacun, a-t- il affirmé, estimant par ailleurs que le blocus unilatéral américain imposé contre Cuba était une violation flagrante des principes essentiels de la Charte de l’ONU, du droit international et des normes qui régissent le commerce entre les États. Soulignant également que cet embargo illégal était en contradiction avec le combat de la communauté internationale pour le renforcement des droits de l’homme, le représentant a exprimé son indignation face aux pertes que connaissait Cuba depuis 40 ans et la souffrance grandissante du peuple cubain. En conclusion, le représentant a indiqué que son pays souffrait également de sanctions illégales et sans fondement imposées par le Gouvernement américain, sanctions réitérées le 2 novembre dernier.

M. SITARAM YECHURY (Inde) a affirmé que les sanctions devaient être conformes aux principes du droit international coutumier de non- intervention et de proportionnalité. Cet embargo imposé par les États-Unis contre Cuba a des effets sur la santé de la population cubaine et continue d’avoir un impact sur l’aide alimentaire. L’Inde a pris note des mesures prises dans la bonne direction, comme le compromis 1999-2000 du Congrès américain, qui a autorisé l’exportation de produits alimentaires et de médicaments. Les embargos, a-t-il dit, portent atteinte à la pleine réalisation du développement économique et social des populations affectées, en particulier des femmes et des enfants, de même qu’ils font obstacle à la pleine jouissance des droits de l’homme, y compris les droits à l’alimentation, et d’accès aux soins de santé et aux services sociaux. Le représentant a ajouté que son pays était opposé à toute mesure unilatérale affectant la souveraineté d’un pays.

M. REZLAN ISHAR JENIE (Indonésie) s’est dit préoccupé par le fait que cette année encore l’Assemblée générale avait à débattre de la question de l’embargo économique, commercial et financier imposé à Cuba depuis plus de 40 ans. Comment régler une fois pour toutes ce problème ? s’est-il interrogé. Ce blocus est-il justifiable et peut- il continuer dans le monde global et interdépendant d’aujourd’hui ? Rappelant que les États Membres des Nations Unies étaient opposés à l’application de cet embargo unilatéral et extraterritorial qui avait affecté l’économie et la vie sociale des Cubains, le représentant a estimé que ces sanctions n’étaient pas en accord avec le partenariat global en faveur du développement prôné notamment par la Déclaration du Millénaire, le Consensus de Monterrey et le Plan d’action de Johannesburg. Appelant les États-Unis à lever ce blocus, M. Jenie a souhaité que la souveraineté des États soit respectée de manière égale, conformément aux instruments juridiques internationaux. Il ne faudrait pas créer d’obstacles à la liberté du commerce et de la navigation internationale, a-t-il poursuivi, insistant par ailleurs sur le fait que la poursuite de cet embargo renforcera les tensions entre les deux États.

M. TENS C. KAPOMA (Zambie) a déploré que des mesures coercitives supplémentaires, notamment la loi Torricelli de 1992 et la loi Helms- Burton de 1996, aient été prises pour renforcer le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États- Unis, et qu’elles aient un impact négatif sur la vie économique, politique et sociale des Cubains. Il a précisé que l’embargo contrevenait aux normes du libre échange et de libre navigation et violait le droit international, érodant de ce fait le principe des relations d’amitié et de coopération entre États.

Le représentant a fait remarquer que la mise en œuvre des programmes des Nations Unies visant à fournir une assistance en matière de développement à Cuba était devenue impossible, du fait du manque d’accès aux technologies et au matériel de fabrication américaine, privant ainsi des populations vulnérables d’un soutien essentiel. La Zambie, a déclaré son représentant, se prononcera une fois encore en faveur de la levée du blocus, et exhorte d’autres États à adopter la même position.

M. JAVAD AGHAZADEH (République islamique d’Iran) a affirmé que l’embargo imposé par les États-Unis contre Cuba constituait une violation des principes internationalement concertés régissant les relations entre les États, tels que l’égalité souveraine des États, la non-intervention dans les affaires intérieures et la liberté de commerce et de navigation. Les politiques et mesures coercitives unilatérales devraient être considérées par la communauté internationale comme des obstacles majeurs dans la poursuite des causes et intérêts communs, a-t-il assuré. Le recours à l’embargo comme moyen d’aboutir à des objectifs politiques sape l’environnement international de croissance économique et de développement durable favorable que le système des Nations Unies s’efforce d’instaurer, a-t-il également estimé.

En outre, le représentant a constaté que le blocus imposé par les États-Unis contre Cuba avait un impact dévastateur sur tous les aspects de la vie de ce pays. Les mesures coercitives qui découlent de l’intolérance et de l’animosité envers d’autres systèmes politiques, économiques et sociaux, a-t-il dit, continueront de s’ajouter en silence aux disparités entre les pays et d’agir contre la politique de protection des droits et de la dignité de l’homme.

M. ANDREI DAPKIUNAS (Belarus) a déclaré que son pays se joignait avec amertume mais fierté aux voix de la communauté internationale appelant les États-Unis à lever l’embargo contre Cuba. Nous sommes fiers d’être aux côtés d’un pays qui est un symbole de résistance face à la domination et aux pressions extérieures, a-t-il lancé. Face à ces menaces réelles, et non imaginaires, nous ne devons pas accepter les tentatives continues de la plus grande puissance mondiale à enfreindre le désir du peuple cubain de vivre selon ses lois et ses règles. La noblesse de la force ne doit pas viser à menacer les moins forts, mais plutôt à faire preuve de sagesse, et à reconnaître les erreurs commises et la nouvelle face du monde interdépendant qui nous entoure, a-t-il conclu lançant un vibrant «  Viva Cuba ! ».

M. BEN SHINGENGE (Namibie) a regretté que le blocus imposé à Cuba continue de porter préjudice au peuple de Cuba, en particulier aux femmes et aux enfants, 14 ans après l’adoption de la première résolution de l’Assemblée générale sur la question. Rappelant que son pays s’était toujours opposé à l’embargo contre Cuba qu’il estime contraire à l’esprit de la Charte des Nations Unies, du droit international et de la Déclaration du Millénaire, M. Shingenge a regretté que ce blocus empêche Cuba de tirer profit du libre- échange. Il a ensuite estimé que les lois Toricelli et Helms-Burton avaient des effets extraterritoriaux et portaient atteinte à la souveraineté de Cuba tout en violant les principes du droit international et du commerce international. « Le blocus imposé par les États-Unis à Cuba est une mesure unilatérale qui a un impact négatif sur de nombreux pays et citoyens de pays en développement », a ensuite fait remarquer M. Shingenge. En effet, il s’est dit convaincu par le fait que la normalisation des relations entre Cuba et les États-Unis pourrait aussi bénéficier à leurs pays voisins. Dès lors, a-t-il souligné, le Gouvernement des États-Unis devrait répondre à l’appel de la communauté internationale visant à lever le blocus et à promouvoir le bon voisinage avec Cuba. « Tous les droits de l’homme, qu’ils soient politiques, économiques ou sociaux sont indissociables », a rappelé le représentant namibien avant d’annoncer que sa délégation voterait en faveur du projet de résolution intitulée « Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis d’Amérique ».

M. FAYSSAL MEKDAD (République arabe syrienne) a affirmé que la Charte des Nations Unies consacrait le principe de non-ingérence et le droit des États à exercer leur souveraineté et la non-ingérence. Tout en rappelant que les États devraient respecter ces principes fondamentaux, le représentant a estimé que l’embargo était également en contradiction avec les principes du droit international et la liberté du commerce. Cuba est victime de nombreux dommages économiques et sociaux à cause de l’embargo imposé par les États- Unis qui a eu des effets négatifs sur les efforts que le peuple cubain consent pour son bien être. L’intervenant a par ailleurs indiqué que les répercussions négatives de ce blocus ne se faisaient pas ressentir dans le secteur économique, mais entravaient également le développement social et culturel des Cubains. Il s’agit là d’une violation directe du droit à la vie et au développement, a-t-il poursuivi, se réjouissant que Cuba n’ait malgré tout jamais cessé d’entreprendre un dialogue avec les États-Unis sur la base des principes de respect mutuel et de bon voisinage. Le représentant a enfin réaffirmé le droit des peuples à choisir leur propre système économique, politique et culturel et a rappelé que la communauté internationale avait exprimé à plus d’une reprise son refus de l’élargissement des sanctions américaines qui dépassaient par leurs prérogatives les législations nationales, portant ainsi atteinte à la souveraineté d’autres États. Il faut que le Gouvernement américain, qui n’a pris aucune mesure pour répondre positivement à la communauté internationale, entende enfin cette demande de lever de blocus, a-t-il conclu.

M. FERMIN TORO-JIMENEZ (Venezuela) a rappelé que le maintien de la paix et de la sécurité internationales -indépendamment des idéologies- devait être fondé sur l’adhésion stricte à la Charte des Nations Unies ainsi qu’aux normes et principes du droit international. Son pays maintient qu’il ne saurait y avoir un modèle unique de développement, ni un modèle unique de démocratie pour les peuples du monde, et que les principes de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un pays, l’autodétermination des peuples et la souveraineté nationale ne sauraient être bafoués. C’est pourquoi, le Venezuela fait appel à la conscience d’un nouveau humanisme international afin de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis, a dit son représentant.

Notant que plus de 70% des Cubains étaient nés et vivaient sous la férule des sanctions économiques appliquées par des administrations américaines successives, le représentant vénézuélien a évoqué le coût économique qui se chiffrait à plus de 80 milliards de dollars. Il a dénoncé les sabotages et les agissements terroristes organisés et financés par les États-Unis, le manque à gagner de l’ordre de 134 millions de dollars dans le domaine de l’éducation par suite du manque d’investissements dans ce secteur depuis des décennies. Il a également dénoncé les obstacles qui empêchent Cuba d’accéder à des marchés voisins afin de satisfaire aux exigences de son développement social et culturel, et la surcharge de 25 à 30% grevant les importations ainsi que l’obligation de recourir à des échanges avec des marchés plus éloignés. Enfin, il a réaffirmé que son pays renouvelait son opposition aux mesures coercitives de caractère unilatéral imposées à Cuba par les États-Unis et qu’il votait en faveur de l’adoption du projet de résolution dont est saisi aujourd’hui l’Assemblée générale.

M. KYAW TINT SWE (Myanmar) a affirmé que son pays estimait que la promulgation et l’application de lois et de règlements par des États Membres ayant des effets extraterritoriaux sur la souveraineté d’autres États et aux intérêts légitimes d’entités ou de personnes placées sous leur juridiction ainsi que sur la liberté de navigation violaient l’esprit et la lettre de la Charte des Nations Unies et les principes internationalement reconnus du droit international. L’imposition d’un blocus a des répercussions négatives sur la population cubaine, y compris sur les femmes, les enfants et les personnes âgées, a-t-il souligné, notant qu’elle ne contribuait aucunement à promouvoir la paix et la stabilité dans la région. Myanmar se joint aux pays qui demandent à mettre fin à l’embargo imposé par les États-Unis contre Cuba, a-t-il conclu.

M. MOHAMED ABURAWI (Jamahiriya arabe libyenne) a estimé que les sanctions et les mesures coercitives de blocus n’avaient jamais été et ne seront jamais des voies adéquates pour régler les différends. La Charte des Nations Unies prévoit des modalités de règlement pacifique de différends appliquant les normes de droit international, a-t-il souligné. Par ailleurs, il a indiqué que les relations amicales et une paix globale entre États, ainsi que le développement ne sauraient s’établir qu’en respectant la souveraineté des États quel que soit leur taille ou leur système économique et politique. Le représentant a regretté que ce blocus ait infligé des souffrances au peuple cubain en affectant en particulier les plus vulnérables, comme les enfants et les vieillards. Il a rappelé que la communauté internationale avait exprimé son rejet catégorique du blocus imposé à Cuba et à d’autres pays. La persistance de ces mesures oppressives dont les mesures affectent des pays tiers ne conduit en définitive qu’à accroître les souffrances et à attiser les haines entre les peuples, a-t-il conclu.

M. FELIPE PÉREZ, Ministre des affaires étrangères de Cuba, qui présentait le projet de résolution A/60/L.9 sur la « nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis d’Amérique », a affirmé que ce blocus n’avait jamais été imposé avec autant de hargne et de brutalité qu’au cours des derniers 18 mois. Depuis que le Président américain George Bush a signé le 6 mai 2004 son nouveau plan d’annexion de Cuba, le pays connaît, a-t-il dit, une escalade sans précédent et hystérique de nouvelles mesures d’agression, y compris la menace d’utilisation de moyens militaires contre Cuba et la persécution de citoyens et de sociétés, non seulement de Cuba mais aussi des États-Unis et du reste du monde. Le Ministre a ainsi énuméré une série de mesures commerciales et financières prises contre Cuba, citant notamment l’annonce par le Département d’État américain, le 9 octobre 2004, de la mise en place d’un « Groupe pour la persécution des avoirs cubains ». De janvier à octobre 2005, a-t-il ajouté, les voyages de citoyens américains à Cuba ont chuté de 55% par rapport à la même période en 2003, soit avant les nouvelles sanctions imposées par le Président Bush.

Le Ministre cubain des affaires étrangères a ajouté que le blocus avait causé depuis 47 ans à son peuple plus de 82 milliards de dollars. Il a déclaré qu’aucune activité politique ou économique n’en souffrait les conséquences et qu’aucun droit de l’homme n’en était affecté. Il a affirmé qu’à cause de ce blocus, son pays ne pouvait exporter aucun produit aux États-Unis. S’il était levé, a-t- il précisé, il pourrait exporter vers son pays voisin plus de 30 000 tonnes de nickel ou un million de tonnes de sucre à des prix trois fois plus élevés que ce que Cuba perçoit à l’heure actuelle. Des études ont montré qu’entre deux et quatre millions de touristes pourraient se rendre des États-Unis à Cuba si le blocus était levé, a-t-il également observé.

En raison du blocus, Cuba ne peut pas utiliser le dollar dans ses transactions à l’étranger, a-t-il dit, ajoutant que Cuba était le seul pays d’Amérique latine et des Caraïbes à n’avoir jamais pu bénéficier, en 47 ans, de crédits de la Banque mondiale ou de la Banque interaméricaine de développement. Il s’agit, a-t-il considéré, d’une véritable guerre économique menée à l’échelle mondiale et d’une grave violation du droit international. Le Ministre a indiqué que Cuba devait désormais faire face à deux nouveaux obstacles, d’une part l’arrogance impériale du Président Bush, a-t-il dit, et, d’autre part, la mondialisation de l’économie, car les États-Unis possèdent près de la moitié des sociétés transnationales du monde, dont huit des 10 plus puissantes. Le Ministre cubain a par ailleurs déclaré que le blocus, qui viole les droits constitutionnels des Américains, portait aussi préjudice aux intérêts économiques des États-Unis. Citant les résultats d’une étude de juin 2005, publiée par le Centre d’affaires et de recherches de Southern Alabama University, il a indiqué que la levée du blocus permettrait à l’économie des États-Unis de créer 100 000 postes de travail et de générer des revenus additionnels de 6 milliards de dollars. Le blocus contre Cuba doit être levé, a affirmé le Ministre cubain des affaires étrangères, ajoutant que le Gouvernement des États-Unis devait cesser son agression contre Cuba et reconnaître une fois pour toutes son « droit à l’autodétermination ». Il a ainsi demandé aux États Membres de se prononcer en faveur du projet de résolution.

Explications de position

Le représentant du Royaume-Uni, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, a déclaré que l’Union européenne s’opposait clairement à l’extension extraterritoriale du blocus par les États-Unis, comme ce fut le cas avec la loi Torricelli de 1992 et la loi Helms-Burton de 1996. En 1996, a rappelé le représentant britannique, le Conseil des Ministres de l’Union européenne a adopté un règlement afin de protéger les personnes résidant légalement sur le territoire communautaire des effets de la loi Helms-Burton. En outre, le représentant britannique a appelé les États-Unis à appliquer l’accord sur les exemptions de la loi Helms-Burton, concernant la limitation des mesures extraterritorriales des États Unis qui avait été conclu lors du Sommet de Londres Union européenne/États-Unis de 1998.

Par ailleurs, en vertu de sa Position commune de 1996 puis de 2005, l’Union européenne encourage le processus de transition vers une démocratie pluraliste à Cuba, le respect de droit de l’homme et des libertés fondamentales ainsi que l’amélioration des conditions de vie du peuple cubain. Toutefois, a-t-il précisé, « la qualité de la coopération avec Cuba ne dépendra que de l’amélioration de la situation relative aux droits de l’homme et aux libertés politiques ». C’est pourquoi, l’Union européenne lance un appel au Gouvernement de Cuba afin qu’il libère sans conditions les prisonniers politiques et coopère avec les organes internationaux des droits de l’homme. En conclusion, le représentant du Royaume- Uni a appelé d’une part les États-Unis à lever l’embargo et d’autre part Cuba à procéder à une réforme au niveau économique, notamment en réduisant les restrictions sur l’entreprise privée.

Le représentant des États-Unis a estimé que l’embargo commercial contre Cuba était une question qui devrait être réglée par voie bilatérale et non pas par l’Assemblée générale de l’ONU. Selon lui, c’est parce que les politiques économiques du Président Fidel Castro portent atteinte au bien-être au peuple cubain qu’il tente de rejeter la responsabilité sur le Gouvernement américain pour justifier les échecs de son propre Gouvernement. Faisant référence au projet de résolution qui mentionne la liberté du commerce du peuple cubain, le représentant a estimé que c’est Fidel Castro lui- même qui s’oppose à cette liberté commerciale. Le Président cubain sait que depuis 1992, les États-Unis ont autorisé la vente et les donations de médicaments et d’équipements médicaux destinés au peuple de Cuba pour un montant de plus de 1,1 milliard de dollars, a affirmé le représentant. Il sait aussi que le Gouvernement a autorisé l’exportation de produits agricoles pour un montant de plus de 5 milliards de dollars au cours de ces cinq dernières années. Si le peuple cubain subit le chômage, les pénuries alimentaires et de médicaments, c’est à cause de la mauvaise gestion économique par le régime de Fidel Castro, de l’incapacité de son pays à payer ses factures, de s’acquitter de ses arriérés, et non pas à cause de l’embargo, a soutenu le représentant américain. De l’avis de sa délégation, le Président cubain a fait obstacle à la démocratie, à la libre entreprise et prive depuis longtemps les Cubains de la liberté économique, tout en lui proposant un choix difficile : travailler pour le régime ou mourir de faim.

Le représentant a ensuite mis l’accent sur la nécessité de réformer l’économie et le régime cubains pour mettre fin à l’embargo, rappelant qu’en 2002 le Gouvernement américain avait lancé un appel aux autorités cubaines pour qu’il autorise la création de syndicats. Les autorités cubaines avaient au contraire répondu à cet appel en emprisonnant les militants de droits de l’homme. Ce qui oppose les États-Unis et Cuba, c’est la dictature et le moyen de s’en sortir est une transition politique et économique, a souligné le représentant. Les relations entre les États-Unis et Cuba se normaliseront quand le peuple cubain sera totalement libre, a-t-il poursuivi, indiquant que c’est à ce moment que l’économie américaine aidera à transformer l’échec du système économique cubain. Nous appuyons le peuple cubain dans sa recherche de la liberté, a-t-il conclu, précisant que son pays allait voter contre ce projet de résolution.

Le représentant de la République populaire démocratique de Corée a rappelé que les États-Unis avaient pris en mai 2004 de nouvelles mesures visant à consolider davantage le blocus imposé contre Cuba, et ce, au prétexte d’accélérer la transition démocratique de ce pays. Le blocus, a-t-il dit, constitue une violation contre un État souverain et ignore les principes de la Charte des Nations Unies et du droit international. La position de principe de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) est de s’opposer à toute sanction unilatérale décrétée contre un pays membre de la communauté internationale. Il a lancé un appel aux États Membres pour qu’ils mettent fin à l’embargo financier, conformément aux résolutions de l’Assemblée générale. La RPDC votera en faveur du projet de résolution, a-t-il indiqué.

Le représentant de la Fédération de Russie a réitéré que son pays s’était toujours opposé à l’imposition unilatérale des mesures punitives contre Cuba. Il a ainsi fait savoir que son Gouvernement condamnait l’embargo économique contre Cuba puisque depuis 1994 la Fédération de Russie appuyait les résolutions de l’Assemblée générale en la matière. La Fédération de Russie étant convaincue que la levée du blocus améliorera les relations internationales, le représentant russe a déclaré que ce vestige de la guerre froide et de la confrontation idéologique de l’époque ne fait que ralentir l’édification d’un ordre mondial juste. Il a ensuite dénoncé les armes de destruction massive » de la politique américaine, qui, comme par le passé, s’appuie sur des mesures coercitives qui ne visent qu’à intensifier les tensions entre les deux pays. Solidaire avec la volonté inébranlable de la majorité des États Membres de l’ONU, la Fédération de Russie considère qu’il est primordial de voter en faveur de la volonté du blocus car cela aura des répercussions favorables dans la région d’Amérique centrale et des Caraïbes et dans le monde en général.

Le représentant du Zimbabwe a affirmé que le blocus imposé par les États-Unis contre Cuba portait notamment atteinte à la liberté de commerce et de navigation de ce pays. Cuba, a-t-il dit, a le droit de décider sa propre voie de développement. Aucun pays n’a le droit de dicter la voie qu’un autre pays devrait suivre, a-t-il ajouté. Au cours des 40 dernières années, tous les débats au sein des Nations Unies ont souligné le rejet des mesures unilatérales prises contre Cuba, a rappelé le représentant. Selon lui, l’extension des effets extraterritoriaux des lois américaines sur les autres pays porte atteinte à la souveraineté des États touchés. Il a ajouté que le blocus sapait le droit des peuples à l’autodétermination et au développement. Le blocus est, a-t-il dit, cruel et anachronique et contreproductif. En outre, il va à l’encontre du droit international et des règles établies par l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le Zimbabwe se place aux côtés du peuple cubain et votera en faveur du projet de résolution, a-t-il indiqué.

La représentante de l’Uruguay a rappelé que son pays, animé de la ferme conviction qu’il fallait mettre un terme au blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis, avait réitéré son appui à une résolution approuvée par la quasi-unanimité de la communauté internationale.

Elle a précisé que les pays du Mercosur et les États associés, qui appliquaient une politique internationale en faveur de la liberté de commerce et de navigation et qui encourageaient la promotion du développement du commerce fondé sur la réalisation de leurs obligations juridiques en tant que membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) s’opposaient résolument aux lois étrangères qui, directement ou indirectement, compromettaient le principe de la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un pays et représentaient une atteinte à la souveraineté des États. Enfin, elle a indiqué que les pays du Mercosur avaient préconisé et s’étaient -de manière répétée et lors de forums internationaux divers, tels que l’Organisation des États américains (OEA), le Système économique latino-américain, conférences ibéro-américaines des chefs d’État et de gouvernement et le Groupe de Rio- prononcés en faveur d’un multilatéralisme efficace et pour l’élimination de mesures coercitives unilatérales qui ne pouvaient qu’accroître les tensions et affaiblir la coopération internationale indispensable au développement, à la sécurité et aux droits de l’homme pour tous.

Le représentant de l’Australie a déclaré que son pays partageait l’opinion de la majorité des États Membres concernant la situation à Cuba et a affirmé qu’il n’était pas d’avis que l’isolement de Cuba soit une réponse cohérente. L’Australie a toujours condamné la promulgation de lois extraterritoriales visant à faire pression et à changer la politique d’un pays, a déclaré le représentant australien. Les lois telles que la loi Helms-Burton ne peuvent être justifiées. C’est pourquoi, l’Australie a voté une nouvelle fois en faveur du projet de résolution sur la nécessité de lever le blocus économique, politique et financier à Cuba par les États-Unis.

Le représentant de Cuba a estimé que l’Union européenne se montre complice des États-Unis quand elle s’exprime en faveur des prétextes invoqués par l’Administration américaine pour justifier leur politique d’hostilité contre Cuba. On ne peut parler de droits de l’homme, a-t-il fait remarquer, quand des exécutions extrajudiciaires sont pratiquées par les Américains à Abu-Ghraib et dans les camps de concentration de Guantanamo, territoire illégalement occupé par les États-Unis. Affirmant par ailleurs que le Gouvernement raciste et dictatorial de Georges Bush avait renforcé le blocus contre Cuba parce qu’il voit en ce pays un exemple de dignité, le représentant a observé que dans son pays, la richesse nationale n’était pas volée par des élites corrompues, que les enfants n’étaient pas privés d’école, et qu’aucun Cubain ne devait s’humilier pour trouver un emploi. C’est la politique génocidaire de l’embargo qui nuit à notre économie et non pas les orientations que nous avons choisies, a-t-il tenu à préciser. Remettant en cause les principes racistes et réalistes à la base de la politique des États-Unis et de celles de l’Union européenne, le représentant a noté que la population la plus riche du monde comptait 145 millions de personnes qui ne pouvaient avoir accès aux hôpitaux et que l’Europe avait pour sa part un nombre élevé de prostitués. Nous ne leur reconnaissons aucune autorité morale leur permettant de nous juger, a-t-il insisté. Le chemin dans lequel nous nous sommes engagés depuis plus de 40 ans est irréversible, en dépit des politiques agressives des États-Unis et de leurs acolytes, a conclu le représentant cubain.

A suivre ...




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