«Lorsque les Etats-Unis sont venus chercher Cuba, nous n'avons rien dit, nous n'étions pas Cubains.»
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BLOCUS
Les Etats-Unis renforcent leurs plans pour une Cuba sans Castro.
par divers
2 novembre 2005

Voilà qui vient à pic après l’article ridicule de Libération du non moins ridicule Eric Randal intitulé "Cuba, un néostalinisme tropicalisé".

C’est fou comme certaines "vérités" passent tranquillement dans la presse anglo-saxonne, et comment elles sont impossibles à faire passer dans la presse française. Pour seulement la moitié de ce que raconte, et sans états d’âme, le Financial Times, on nous accuserait de "stalinisme"...

Financial Times

Washington, 1er novovembre 2005.

Le plan des Etats-Unis pour une "transition" à Cuba après Fidel Castro vient d’entrer dans une nouvelle phase par la création d’un bureau spécial pour la reconstruction au sein de Département d’Etat afin de préparer "le jour d’après", lorsque Washington tentera de soutenir un gouvernement démocratique à la Havane.

Le projet inter-agence, dans lequel est impliqué le Département de la Défense, reconnaît que la transition à Cuba pourrait ne pas être pacifique et que les Etats-Unis auraient à lancer une opération de reconstruction de la nation.

Caleb McCarry, le coordinateur de la transition à Cuba, travaille sur ce projet au sein du Bureau de Reconstruction et de Stabilisation, qui fut crée par l’administration Bush pur prévenir et intervenir dans les situations de post-conflit.

[Sur cet étrange "bureau de reconstruction..." , lire "La montée du Capitalisme de Catastrophe, par Naomi Klein"

Tous les six mois, le Conseil National du Renseignement met à jour une liste secrète de 25 pays à surveiller et où l’instabilité pourrait amener les Etats-Unis à intervenir. Le bureau de reconstruction, dirigé par Carlos Pascual - un ancien ambassadeur d’origine cubaine - était focalisé sur le Soudan, Haïti, le Congo et le Népal. Par un acte controversé, Cuba vient d’être rajoutée à cette liste.

L’Institut américain pour la Paix [US Institute of Peace], financé par le Congrès pour travailler sur la gestion des conflits, a refusé de participer au projet Cuba. "Il s’agissait d’un exercice de déstabilisation, pas de stabilisation" a déclaré une des personnes impliquées.

M. McCarry a reconnu qu’il portait deux casquettes : aider une Cuba post-Castro à retrouver un gouvernement démocratique et une économie de marché, et aussi accélérer la transition.

Condoleeza Rice, secrétaire d’Etat, a nommé M. McCarry au mois de Juillet (2005). Sa nomination figure parmi les recommandations de la Commission d’Assistance pour une Cuba Libre, créée a-t-elle souligné, par George W. Bush pour "accélérer la fin de la tyrannie de Castro". [rapport de la dite commission : http://www.legrandsoir.info/article.php3 ?id_article=1563.]

La Commission a déclaré dans son rapport de mai 2004 qu’elle appliquait une "approche plus réactive, intégrée et disciplinée pour miner les stratégies de survie du régime castriste et contribuer aux conditions qui aideraient le peuple cubain à accélérer la fin de la dictature".

Un engagement global est envisagé pour l’après-Castro, y compris une assistance immédiate afin que "les écoles restent ouvertes et soient fournies en matériel scolaire et personnel nouveaux", une distribution d’aliments et de médicaments, et le paiement des retraites.

M. McCarry a déclaré à notre journal que le renforcement de l’embargo l’année dernière - telles que les restrictions des visites à Cuba pour les cubano-américains, et la réduction des montants des transferts d’argent - avait coûté au régime castriste la somme estimée de 500 millions de dollars (417 millions d’euros).

L’organisation Human Rights Watch a condamné le mois dernier les restrictions imposées aux voyages imposées à la fois par Cuba et les Etats-Unis, déclarant : "les deux pays sacrifient la liberté de mouvement des individus à la promotion de politiques sans issue". M. McCarry a refusé de commenter son travail au sein du Bureau de Reconstruction et de Stabilisation, sauf pour dire qu’il serait "respectueux du peuple cubain et de son désir d’être libre".

"Le Génie de la transition est sorti de la bouteille," a-t-il dit, en référence aux activités de l’opposition à l’intérieur de Cuba, et qu’un "large consensus" existait au sein de la communauté exilée. "Ce sont eux qui définiront l’avenir démocratique de Cuba". [ "et pas les cubains de l’île ?" - question stupide du traducteur ]

Les officiels US déclarent qu’ils "n’accepteront pas " une transfert du pouvoir de M. Castro, âgé de 79 ans, à son frère Raoul, âgé de 74 ans. Bien que la signification d’une telle déclaration ne soit pas claire, M. McCarry a insisté pour dire que les Etats-Unis "n’imposeront pas" leur aide.

Devant l’Association de l’Armée US le mois dernier, M. Pascual a informé que sa coopération avec les militaires n’était qu’à ses débuts. Il a déclaré que sa stratégie à long terme était de tenter de comprendre "comment nous pouvions gérer le processus de transition entre le moment de la mort de Castro et l’instauration de la démocratie à Cuba qui, nous le savons, surviendra tôt ou tard."

Certains observateurs affirment que les militaires, préoccupés par un exode massif de réfugiés Cubains, étaient intéressés de connaître le plans de l’administration pour le dit "jour d’après".

Mais ils demandent aussi, au vu des budgets limités accordés à MM Pascual et McCarry, si la Maison Blanche est réellement déterminée à réaliser ce travail.

Certains soupçonnent M. Bush d’avoir abordé la question en 2004 en ayant pour arrière pensée le vote de la communauté des exilés cubains en Floride. "Les Etats-Unis ont une longue histoire d’échecs en ce qui concerne Cuba," a prévenu Daniel Erikson, analyste du groupe de réflexion "Inter-American Dialogue".

Un officier militaire US a déclaré "la vérité c’est que personne, y compris sur l’île, ne sait ce qui se passera pendant la transition.

(...)

Guy Dinmore

Source : http://news.ft.com

Traduction : Viktor Dedaj pour Cuba Solidarity Project



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