«Lorsque les Etats-Unis sont venus chercher Cuba, nous n'avons rien dit, nous n'étions pas Cubains.»
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SALE GUERRE
Le poids d’une histoire violente
par divers
17 mai 2001

par Jim Mullin (de Miami New Times)

Lorsque la campagne dans les médias autour d’Elián González commença à prendre une vitesse vertigineuse, quelques membres de la communauté cubano-américaine de Miami ont exprimé leur mécontentement pour l’image qu’elle présentait d’eux dans la presse. Ce mécontentement s’est exprimé explicitement le 7 avril durant le programme nocturne de télévision "town meeting" de Ted Koppel, transmis à la nation de l’Université Internationale de Floride. Un des programmateurs du programme, Juan Carlos Espinosa, de l’Université de Miami a remonté ses manches pour déclarer :

"Je considère qu’il faut faire réellement attention de ne pas continuer à nous impliquer dans les attaques de l’exil cubain, lequel a été beaucoup écouté lorsque les médias ont couvert cette affaire à Miami." Des sentiments similaires ont été exprimés par beaucoup d’autres, depuis des leaders de l’exil jusqu’à des personnalités cubano-américaines de cette localité. Il est certain que le Show d’Elián a été une aubaine pour Peoria ou Pinecrest. Vous savez qu’il y a eu un problème d’image lorsque le sérieux New York Times exprima dans son éditorial, avec une préoccupation évidente, qu’il semblait que "les cubanos-américains du sud de la Floride croyaient à la loi de la violence". Une phrase comme "loi de la violence" évoque de menaçantes images de violence, qui, en échange, remuent les spécialistes de contrôle des dommages de Miami qui se dépêchent de se mettre devant les micros et d’insister, devant le monde, sur le fait que la communauté cubaine de l’exil est amoureuse de la paix, de la loi et (maintenant avec emphase) non violente.

Joe Corollo, le maire de Miami, a été un de ceux qui ont, infatigablement, soutenu ce message : "Miami a toujours été une communauté pacifique et non violente", souligna t-il à la CNN la semaine passée. Cependant, les antécédents historiques contredisent cette affirmation. La violence et l’intimidation en marge de la loi ont caractérisé l’exil depuis plus de 30 ans. Si nous prenons ce fait en compte, il est non seulement compréhensible que beaucoup de gens en soient très préoccupés, mais il est logique de l’être. Décidément, on ne peut affirmer que la majorité des cubains américains ne sanctionnent pas la violence, mais elle a été une longue tradition à l’intérieur de la communauté de l’exil et cette tradition ne peut être ignorée et il ne suffit pas de vouloir, simplement, qu’elle n’existe pas.

Pour poursuivre, il est présentée une liste d’incidents violents, compilés de diverses bases de données et de nouvelles sources (quelques-unes sont des expériences personnelles). Cette liste n’est pas complète, spécialement en ce qui se réfère au type de menace par bombes à Miami. Ne sont pas non plus inclus des douzaines d’actes de violence et d’assassinats commis par des exilés cubains dans d’autres villes des Etats-Unis et dans, au moins, 16 autres pays. Mais il s’agit moins d’arriver à l’intégrité des données que d’affronter cette vérité, tout aussi dure qu’elle soit. Si les exilés cubains de Miami affrontent ce passé honteux et le répudient résolument, ils vont avoir un long chemin à parcourir pour satisfaire le désir de leurs voisins d’une paix future.

1968 Depuis la rue MacArthur le pédiatre Orlando Bosch tire avec un bazooka sur un cargo polonais. (La ville de Miami déclara plus tard le "Jour de Orlando Bosch." En 1988 il sera arrêté par des agents fédéraux.

1972 Julio Iglesias, lors d’une présentation dans un centre nocturne, déclara que cela ne le dérangerait pas de "chanter pour les cubains de l’île". Le public se met en colère et le chanteur doit être sorti sous escorte policière. La majorité des stations de radio élimine Iglesias de leurs programmes. Une présentatrice qui ne le fait pas (Radio Alegre), reçoit des menaces d’attentat à la bombe..

1974 Le leader de l’exil José Elías de la Torriente est assassiné à son domicile de Coral Gables pour ne pas avoir participé à la réalisation d’un plan d’invasion de Cuba.

1974 Une bombe détruit les bureaux du journal espagnol Réplica.

1974 Plusieurs petits établissements cubains prétextent avoir reçu des menaces venant de Réplica.

1974 Trois bombes explosent près d’une station de radio en espagnol.

1974 Héctor Días Limonta et Arturo Rodríguez sont assassinés au milieu des luttes internes de l’exil.

1975 Luciano Nieves finit assassiné après s’être déclaré en faveur d’une coexistence pacifique avec Cuba.

1975 Une autre bombe provoque des dommages dans les bureaux de Réplica.

1976 Rolando Masferrer et Ramón Donestévez finissent assassinés dans les luttes internes du pouvoir de l’exil.

1976 L’explosion d’une bombe dans une voiture provoque à Emilio Milián, directeur du journal d’information de la station WQBA-AM, la perte des deux jambes après s’être prononcé publiquement contre la violence dans l’exil.

1977 Juan José Peruyero est assassiné dans les luttes internes de l’exil pour le pouvoir.

1979 La projection du film cubain "Memorias del Subdesarrollo" se voit interrompu par des tirs d’armes à feu et des actes de violence physique par deux groupes d’exilés.

1979 Une bombe est découverte dans l’établissement Padrón Cigars, dont le propriétaire est en train de collaborer dans les négociations pour libérer 3600 prisonniers politiques cubains.

1979 Une bombe explose au Padrón Cigars, ainsi qu’un autre engin explosif.

1980 Une bombe anti-personnelle est découverte à la compagnie American Airways Charter, qui organise des vols sur Cuba.

1981 Une bombe explose au Consulat du Mexique pour protester contre les relations avec Cuba.

1981 Une bombe crée de nouveau dommages dans les bureaux de Réplica.

1981 Attaque de tirs contre deux établissements d’Hispania Interamericana, une firme qui apporte des médicaments à Cuba.

1981 Une bombe explose au Consulat du Vénézuela au centre de Miami pour protester contre les relations avec Cuba.

1981 On découvre un engin explosif au Consulat du Nicaragua.

1982 Maurice Ferre, maire de Miami, se prononce en faveur de la remise de $10,000 au commando de l’exil Alpha 66, en signalant que l’organisation "n’a jamais été accusée d’activités terroristes à l’intérieur des Etats-Unis". Une autre bombe est découverte à Réplica.

1983 Une autre bombe explose au Padrón Cigars.

1983 Une bombe éclate au Paradise International, une agence qui organise des voyages à Cuba.

1983 Une bombe explose dans les bureaux de la Continental National Bank dans la Petite Havane, dont un des cadres, Bernardo Benes, collabore aux négociations pour la libération de 3600 prisonniers politiques cubains.

1983 Demetrio Pérez, mandataire de la ville de Miami, essaie de rendre honneur au terroriste exilé Juan Felipe de la Cruz, mort accidentellement tandis qu’il posait une bombe.

1983 Des tirs d’armes à feu détruisent les fenêtres de trois établissements dans la Petite Havane qui ont des liens commerciaux avec Cuba.

1986 Divers membres de la coalition Pro Paix du sud de la Floride sont physiquement attaqués alors qu’ils manifestent au centre de Miami contre la guerre des contras au Nicaragua.

1987 Une bombe éclate au Cuba Envíos, une agence qui envoie des paquets à Cuba.

1987 Une bombe éclate au magasin El Español, une firme qui envoie des paquets à Cuba.

1987 Une bombe éclate au Cubanacán, une firme qui envoie des paquets à Cuba.

1987 La voiture d’un vétéran de Bahía de Cochinos est incendiée par un engin explosif.

1987 Une bombe éclate au Machi Viajes a Cuba, une agence qui organise des voyages à Cuba.

1987 Une bombe éclate au Va Cuba, une agence qui envoie des paquets à Cuba.

1988 Une bombe éclate à l’extérieur de Va Cuba, une agence qui envoie des fournitures médicales à Cuba.

1988 Menace de bombe contre Iberia Airlines pour protester contre les relations de l’Espagne avec Cuba.

1988 Une bombe explose à l’extérieur du Musée Cubain d’Art et de Culture après une vente aux enchères de peintures d’artistes cubains.

1988 Une bombe explose à l’extérieur du domicile de María Cristina Herrera, qui organise une conférence sur les relations Etats-Unis-Cuba.

1988 Menace d’explosif contre un bureau local du Service d’Immigration et de Naturalisation en protestation de l’emprisonnement du terroriste Orlando Bosch.

1988 Une bombe explose près du foyer de Griselda Hidalgo, défenseur des voyages illimités à Cuba.

1988 Une bombe crée des dommages au Bele Cuba Express, une agence qui envoie des paquets à Cuba.

1989 Une autre bombe est découverte au magasin El Español, un établissement qui envoie des paquets à Cuba.

1989 Deux bombes éclatent au Marazul Charters, une agence qui organise des voyages à Cuba..

1990 Une autre bombe de plus grande puissance éclate à l’extérieur du Musée Cubain d’Art et de Culture.

1991 A l’aide de pieds de biche et de marteaux, un groupe d’exilés arrache et urine sur la plaque de l’actrice mexicaine Verónica Castro au "Paseo de la Fama" pour la visite de l’actrice à Cuba.

1992 Un employé de Unión Radio est frappé et la station de radio subit une attaque de vandalisme par des exilés qui cherchent Francisco Aruca, qui plaide pour la fin de l’embargo contre Cuba.

1992 La fondation Nationale Cubano Américaine lance une campagne contre le Miami Herald, dont les cadres ont reçu des menaces de morts et dont les enseignes lumineuses ont été tordues et couvertes d’excréments.

1993 A l’instigation d’Amrando Pérez-Roura, présentateur de Radio Mambí, des exilés cubains ont attaqué physiquement des manifestants contre l’embargo contre Cuba. Deux policiers ont été blessés et 16 personnes arrêtées. Miriam Alons, mandataire de la ville de Miami, après avoir fait taire les manifestants contre l’embargo : "Nous devons chercher, dans l’observance de la loi, si la ville de Miami peut éviter qu’ils s’expriment ainsi."

1994 Le groupe Human Rights/Américas présente un rapport dans lequel il déclare que les exilés de Miami ne tolèrent aucunes opinions dissidentes, que les émissions en espagnol incitent à l’agression et que les leaders du gouvernement local rejettent la dénonciation des actes d’intimidation.

1994 Deux bombes incendiaires éclatent dans les bureaux du journal Réplica.

1994 Menace de bombes dans les locaux de Magda Montiel Davis suite à son échange de bandes vidéo avec Fidel Castro.

1996 Un promoteur de musique reçoit des menaces téléphoniques pour qu’il abandonne le concert de l’orchestre cubain Aragón.

1996 Les assistants à un concert du pianiste cubain de Jazz Gonzalo Rubalcaba sont attaqués physiquement par 200 manifestants de l’exil. Le transport des exilés est organisé par Javier Souto, mandaté par le comté de Dade.

1996 Une bombe incendiaire éclate au restaurant Centro Vasco de la Petite Havane avant le concert de la chanteuse cubaine Rosita Fornés.

1996 Une bombe incendiaire éclate à l’agence Marazul Charters, qui organise des voyages à Cuba.

1996 Incendie intentionnel au Tu Familia Shipping, une agence qui envoie des paquets à Cuba.

1997 Des menaces de bombes et de mort à l’émission de radio WRTO-FM suite à une brève décision d’inclure des chansons de musiciens cubains dans leur programme.

1998 Une menace de bombe fait abandonner le concert par le public au salon de concerts dans le centre MIDEM durant la représentation du musicien cubain de 91 ans Compay Segundo.

1998 Menace de bombe au club nocturne Amnesia à Miami Beach, avant le récital du musicien cubain Orlando "Maraca" Valle.

1998 Une bombe incendiaire éclate au club nocturne Amnesia à Miami Beach, avant le récital du chanteur Manolín, El Médico de la Salsa.

1999 Une violente protestation dans le Miami Arena pour la représentation de l’ensemble cubain Los Van Van provoque un blessé et onze détenus.

1999 Menace de bombe reçue à l’Hôtel Seville de Miami avant le récital de la chanteuse cubaine Rosita Fornés. L’hôtel renonce à la représentation.

Red de Familiares y Amigos de los Presos Políticos http://www.presos.com



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