«Lorsque les Etats-Unis sont venus chercher Cuba, nous n'avons rien dit, nous n'étions pas Cubains.»
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ANALYSES
PARLEZ DONC DE CUBA A VOS AMIS ECOLOS
par VIVAS Maxime
7 juillet 2006

Commençons par deux définitions :

1- « L’empreinte écologique » est définie comme la surface nécessaire pour accueillir toutes les activités humaines. Elle représentait 70 % de la planète en 1960. Elle atteignait 120 % en 1999 et les choses ne cessent de s’aggraver.

Cela signifie que l’humanité a dépassé la capacité d’absorption du globe terrestre. Il ne peut plus renouveler ce que nous prélevons, il ne peut plus digérer nos déchets. Pourtant plus nombreux, les pays en voie de développement (PED) ne sont pas les principaux responsables des dégradations environnementales et de l’épuisement de la planète. Ils rejettent 12 fois moins de dioxyde de carbone (CO2) que les pays riches, ils consomment peu.

2- « L’indice de développement humain » indique comment sont assurés les besoins de la population en logement, nourriture, santé, éducation, culture. Il fixe le seuil à atteindre pour que tous ces besoins soient comblés.

* * * *

Avec l’effondrement du bloc soviétique à la fin des années 80, Cuba a vu son commerce extérieur anéanti. Ses sources d’approvisionnement furent brutalement taries. A partir de 1990, l’île vécut des années terribles pendant lesquelles l’économie se trouva en léthargie tandis que les Cubains avaient faim et que les USA guettaient avec gourmandise la chute (inéluctable !) du fruit mûr. De l’avis général, le blocus US allait porter le coup de grâce. Pour survivre sans sacrifier ses avancées multiples et sans renoncer aux grands principes altruistes de sa révolution, Cuba a dû apprendre à s’accommoder de la pénurie de pétrole et à mettre en ouvre toute une série de solutions. Parmi elles, le recours à une agriculture bio et à une politique d’économie d’énergie.

La « période spéciale » traversée avec succès, l’île des caraïbes a gardé de bonnes habitudes. L’obsession écologique est permanente.

Ainsi, pour économiser le gaz, des centaines de milliers d’autocuiseurs ont été distribués gratuitement à la population. Pour économiser l’électricité, des millions d’ampoules électriques à incandescence ont été remplacées par des ampoules économes.

Récemment, et afin de responsabiliser les consommateurs, le gouvernement a établi un système de facturation par lequel, si l’électricité nécessaire reste à un prix dérisoire, le coût devient dissuasif par tranches à partir d’un certain seuil. Dans les domaines industriels la chasse au gaspi est ouverte et, dans le domaine agricole, tous les moyens possibles sont utilisés pour produire des engrais naturels.

Résultat : Cuba a aujourd’hui une empreinte écologique compatible avec la pérennité des activités sur Terre.

Mieux, Cuba est le SEUL pays où l’on peut noter A LA FOIS, un indice de développement humain (0,81) supérieur au seuil (0,80) qui permet d’assurer les besoins de la population (logement, nourriture, santé, éducation, culture) ET une empreinte écologique inférieure à 1,8 hectare/habitant et par an, compatible avec la survie à long terme de notre planète.

Pour comparaison, les Etats-Unis ont une empreinte écologique de près de 10 ha/habitant et par an, pour un indice de développement humain de 0,94.

Il n’est pas impossible que l’Oncle Sam mette un jour à exécution sa menace d’attaquer l’île pour y instaurer une de ces démocraties paisibles et fraternelles dont il a le secret. On ignore à ce jour si elle ressemblera à celle que Bush père avait rétablie au Koweït, à celles de l’Afghanistan et de l’Irak, ouvres de Bush fils, à toutes celles (souvent galonnées) que plusieurs présidents US portèrent sur les fonts baptismaux en Amérique latine.

Ce dont on est sûr, c’est que l’expérience cubaine serait ainsi balayée avant que la majorité de nos concitoyens en aient appris la vraie nature.

Dans ce que vous venez de lire,vous trouverez quelques-unes des raisons pour lesquelles des hommes calmes, polis, tolérants, modérés et épris de liberté (oui, oui, comme moi !) prennent le parti de Cuba. A la limite, mesurez mon égoïsme : en faisant semblant de défendre Cuba, c’est moi-même que je défends ainsi que ma descendance. Bref, j’ai bien compris que nous avons davantage besoin de Cuba que Cuba n’a besoin de nous.

Parlez de tout ça à vos amis écologistes. Ne vous inquiétez pas s’ils énumèrent aussitôt en réplique mille tares effrayantes de la société cubaine (dame ! ils lisent la presse et ils ont acheté l’album de RSF). L’essentiel, c’est de leur avoir parlé. Pour qui a des yeux et ne refuse pas de les ouvrir, un rai de lumière suffit à percer l’obscurité.

De plus, les écolos sont comme nous : ils aiment leurs enfants. La rumeur prétend même qu’ils sont attentifs au sort de la planète.

Maxime Vivas.



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