«Lorsque les Etats-Unis sont venus chercher Cuba, nous n'avons rien dit, nous n'étions pas Cubains.»
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BLOCUS
DEMANDE A TITRE DES DOMMAGES HUMAINS DU PEUPLE CUBAIN CONTRE LE GOUVERNEMENT DES ÉTATS-UNIS
par divers
29 août 2000

Superbe réquisitoire des organisations cubaines en 1999 contre la politique des Etats-Unis à l’égard de Cuba depuis la Révolution. A lire dans le document PDF ci-joint.

Introduction Les Maîtres Juan Mendoza Díaz, Leonardo B. Pérez Gallardo, Magaly Iserne Carrillo et Ivonne Pérez Gutiérrez, avocats, au nom et en représentation des organisations sociales et de masses suivantes de la République de Cuba, qui rassemblent presque toute la population du pays :

Premièrement... Que la victoire de la Révolution cubaine, le 1er janvier 1959, a représenté pour le peuple de Cuba la conquête, pour la première fois dans sa longue histoire de luttes, de la véritable indépendance et la souveraineté, après un bilan d’environ vingt mille morts en combat héroïque et frontal contre les forces d’une dictature militaire bien entraînée, armée et assistée par le gouvernement des États-Unis...

Deuxièmement... Que le déclassement récent aux États-Unis, du rapport de l’inspecteur général de l’Agence centrale de renseignements (CIA), M. Lyman Kirkpatrick, conçu en octobre 1961, dans lequel sont évaluées les causes de l’échec de la Baie de Cochons, comme ils l’appellent, démontre que les opérations secrètes organisées à Washington contre Cuba ont commencé depuis l’été 1959, juste quelques semaines après la signature de la Loi de la Réforme agraire, le 17 mai de la même année.

Troisièmement... Que le gouvernement des États-Unis a, quinze mois à peine après la victoire de la Révolution, conçu et finalement lancé des bandes armées dans presque tout le pays. Ayant vu le jour en 1960 sous l’administration républicaine d’Eisenhower, ces bandes armées ont duré jusqu’à 1965.

Quatrièmement... Que, compte tenu de sa signification militaire, patriotique et politique, la victoire remportée sur l’invasion mercenaire de Playa Girón, organisée par l’Agence centrale de renseignements des États-Unis en vertu des instructions reçues si tôt que le 17 mars 1960 du président Eisenhower, figure parmi les faits les plus significatifs de l’histoire de la Révolution cubaine. Eisenhower l’écrit dans ses Mémoires : " Le 17 mars 1960, (...) j’ai ordonné à la Central Intelligence Agency de commencer à organiser l’entraînement des exilés cubains, notamment au Guatemala. "

Cinquièmement... Que le terrorisme est un instrument permanent de la politique extérieure des États-Unis contre Cuba. L’une des premières actions terroristes du gouvernement des États-Unis contre notre pays a eu un caractère monstrueux : le sabotage du cargo français La Coubre le 4 mars 1960, dans le port de La Havane.

Sixièmement... Que la Base navale de Guantánamo, établie à Cuba depuis presque un siècle aux termes d’un traité confus et rédigé avec perfidie qui accorde aux États-Unis le bail d’un territoire "pour le temps qu’ils ont en auraient besoin", sans la moindre clause qui garantisse le droit à la souveraineté cubaine sur ce territoire, a été utilisée par les USA comme un instrument de leur politique d’agression contre notre pays.

Septièmement... Que, durant toutes ces années de Révolution, les agressions du gouvernement des États-Unis ont porté un préjudice sensible à la santé de notre peuple, cette politique criminelle ayant visé à entraver et à bloquer les progrès impressionnants de la politique sociale cubaine en la matière, et ayant recouru, entre autres moyens, à l’agression biologique qui a enlevé de nombreuses vies, dont celles d’enfants et de femmes enceintes.

Huitièmement... (...) Selon le document déclassé (...) Robert Kennedy, Procureur général des États-Unis, a fait savoir (...) qu’il était possible de renverser Fidel Castro et que cet objectif était hautement prioritaire : " La solution du problème cubain constitue pour le gouvernement des États-Unis une question absolument prioritaire. Tout le reste est secondaire. "

Neuvièmement... Que la réalité irréfutable, prouvée par des faits et des documents que personne n’oserait contester, est que notre peuple a dû allouer d’énormes ressources économiques et humaines et consentir de grands sacrifices pour se défendre pendant quarante ans du danger d’une agression armée directe de la part des États-Unis.

Prétentions Concrètes. Il est donc demandé au Tribunal de dire et juger que le demandé, en tant que débiteur civilement responsable, au titre de réparation du préjudice matériel, verse une somme pour la valeur de...


Que la victoire de la Révolution cubaine, le 1er janvier 1959, a représenté pour le peuple de Cuba la conquête, pour la première fois dans sa longue histoire de luttes, de la véritable indépendance et la souveraineté, après un bilan d’environ vingt mille morts en combat héroïque et frontal contre les forces d’une dictature militaire bien entraînée, armée et assistée par le gouvernement des États-Unis.

La victoire révolutionnaire cubaine a constitué pour les États-Unis une des défaites politiques les plus humiliantes de son existence en tant que puissance impérialiste, ce qui a déterminé que le différend historique entre les deux pays est entré dans une nouvelle phase de confrontation plus aiguë, caractérisée depuis, par l’application d’une politique brutale d’hostilité et d’agressions de tout genre des États-Unis en vue de détruire la Révolution cubaine, de récupérer le pays et de rétablir le système de domination colonial qu’ils y avaient imposé durant plus d’un demi-siècle et qu’ils ont définitivement perdu il y a plus de quarante ans.

Les diverses et multiples informations révélées tout dernièrement, prouvent et démontrent que la guerre déclenchée par les États-Unis contre la Révolution cubaine, a été conçue comme une politique d’État. Parmi lesquelles l’on peut identifier une gamme d’actions politiques, militaires, économiques, biologiques, diplomatiques, psychologiques, propagandistes et d’espionnage ; ainsi que l’exécution d’actions terroristes et de sabotage, l’organisation et soutien logistique des bandes armées et des groupes mercenaires secrets, l’incitation à la désertion et à l’émigration et les tentatives pour liquider physiquement les leaders du processus révolutionnaire cubain. Ce qui en ressort des déclarations publiques de considérable importance des autorités du gouvernement des États-Unis, et d’innombrables et irréfutables pièces accumulées par les autorités cubaines ; mais plus précisément par nombreux documents secrets récemment déclassés, car bien qu’ils n’aient pas tous vu le jour, il y en a suffisamment pour prouver et fonder cette demande.

Un des documents accompagnant la présente demande, pour corroborer les faits articulés, est celui connu sous le nom, " Programme d’action secrète contre le régime de Castro " déjà déclassé ; approuvé le 17 mars 1960 par le Président des États-Unis, Dwight D. Eisenhower. Le deuxième, dénommé " Projet Cuba " présenté le 18 janvier 1962 par le général de brigade Edward Lansdale aux plus hautes autorités du gouvernement des États-Unis et au Groupe spécial élargi du Conseil de Sécurité nationale de ce pays, comprend une liste de trente deux missions de guerre secrète à exécuter par les départements et les agences membres de la dite Opération Mangouste (Mangoose).

Toutes les actions hostiles et agressives perpétrées par le gouvernement des États-Unis contre Cuba depuis le triomphe même de la Révolution jusqu’à nos jours, ont provoqué des dégâts matériels et des pertes humaines considérables au peuple et causé d’incalculables souffrances aux citoyens de notre pays, des pénuries par manque de médicaments, d’aliments et d’autres moyens indispensables de vie que nous méritons et auxquels nous avons droit d’en bénéficier comme fruit de notre travail honnête. Ces actions ont également entraîné de dangers constants qui résultent de la subversion politique et idéologique déchaînée, plongeant tout un peuple dans un immense chagrin, général et injustifié, préjudice qui est aggravé par sa nature perpétuelle et son inappréciable ampleur, dont l’évaluation des dommages est difficile à préciser, mais qu’aux effets de cette demande d’indemisation nous n’en tenons pas compte - bien que nous ne renoncions pas à le faire en temps et lieu- en vue de nous limiter au contenu strict de la réparation du préjudice moral, stipulé dans le Code Civil cubain en vigueur.

D’après la pratique internationale, l’état est responsable des dommages et intérêts causés par son propre comportement et ses actes - aussi bien du point de vue législatif, administratif, que juridique- par les agissements de ses agents et fonctionnaires et même par les actes des personnes naturelles de chaque pays si les organes correspondants à cet état ne prennent pas des mesures de prévention ou de suppression ; il a donc le devoir de réparer les dommages et intérêts provoqués, ce qui est universellement qualifié de responsabilité civile.

L’État nord-américain, représenté par son gouvernement, est en conséquence responsable des dommages et intérêts causés aux personnes naturelles et juridiques cubaines du fait des actes illicites réalisés par ses agences, dépendances, représentants, fonctionnaires et par le gouvernement lui-même.

Suite dans le document PDF joint



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