«Lorsque les Etats-Unis sont venus chercher Cuba, nous n'avons rien dit, nous n'étions pas Cubains.»
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LA BATAILLE DE LA LIBERTÉ NE PRENDRA FIN QU’AVEC LA VIE
par BONALDI Jacques-François , MARTI José
24 septembre 2006

« …ils ne peuvent croire honnêtement que l’individualisme excessif, l’adoration de la richesse et l’exultation prolongée d’une victoire terrible préparent les Etats-Unis à être la nation typique de la liberté, où il ne doit pas y avoir d’opinions basées sur l’appétit immodéré du pouvoir, ni d’acquisitions ou de triomphes contraires à la bonté et à la justice. Nous aimons la patrie de Lincoln autant que nous redoutons la patrie de Cutting. »

Traduit et annoté par Jacques-François Bonaldi

CUBA ET LES ÉTATS-UNIS

INTRODUCTION DE JOSÉ MARTÍ

Quand un peuple proche d’un autre peut se voir à l’occasion, au comble de l’angoisse politique ou par fatalité économique, tenter d’unir son sort à la nation voisine, il doit savoir ce que cette nation voisine pense de lui, il doit se demander s’il est respecté ou méprisé par ceux auxquels il pourrait penser s’unir, il doit méditer s’il lui convient de favoriser l’idée de l’union, sait-on jamais s’il s’avérait que son voisin le méprise.

Il n’est pas licite de provoquer des troubles dans la politique d’un peuple, puisqu’elle est l’art de sa conservation et de son bien-être, en suscitant l’hostilité qui provient de l’alarme des sentiments ou de l’antipathie de race. Mais il est licite, et c’est un devoir, de se demander si l’union d’un peuple relativement sans défense à un voisin fort et dédaigneux est utile à sa conservation et à son bien-être.

The Manufacturer, de Philadelphie, inspiré et écrit par des hommes parmi les plus éminents du parti républicain, a publié un article intitulé « Voulons-nous de Cuba ? » où il exprime l’opinion de ceux qui représentent aux Etats-Unis la politique d’acquisition et de force. The Evening Post, le premier des journaux du soir de New York, le représentant de la politique opposée, de celle à laquelle les faibles devraient recourir quand on les traiterait sans justice, « a réitéré avec insistance » les idées de ses adversaires dans l’article : « Une opinion protectionniste sur l’annexion de Cuba ». Le Cubain José Martí a répondu à The Evening Post dans une lettre que le journal du soir a publiée sous le titre de « Défense de Cuba ». Nous réimprimons ci-dessous ces trois articles, traduits.

Ceux qui les liront verront d’eux-mêmes si l’annexion de Cuba aux Etats-Unis est éventuellement convoitée ici pour les mêmes raisons qui pourraient pousser les Cubains à la souhaiter, ou pour des causes hostiles ; si les Nord-Américains, qu’ils soient partisans d’une politique ou de l’autre, l’agressive ou la libérale, estiment le désir des Cubains d’exercer sous un gouvernement libre leurs forces jusqu’ici réfrénées, l’intention de contribuer à l’épanouissement et au bonheur des enfants du pays, la connaissance de leurs mérites, le respect de leur droit d’hommes et l’estime de leurs sacrifices comme au moins l’une des raisons qu’ils pourraient avoir en faveur de l’annexion ; si deux peuples à l’origine et au caractère différents peuvent vivre heureux en se haïssant et en se dédaignant ; ou si la vérité est ce qu’a affirmé le républicain Ingalls (sic), le président du Sénat à Washington : « Il n’est pas possible que deux races non homogènes existent sur un pied d’égalité pratique et politique sous un même gouvernement » ; si les Cubains doivent souhaiter l’annexion au bénéfice des Etats-Unis ou au bénéfice des Cubains.

New York, le 3 avril 1889

SUITE DANS LE DOCUMENT PDF JOINT



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