«Lorsque les Etats-Unis sont venus chercher Cuba, nous n'avons rien dit, nous n'étions pas Cubains.»
BOUTIQUE EN LIGNE

CITATION DU JOUR :



BIBLIOGRAPHIE
La face cachée de Reporters sans frontières (De la CIA aux faucons du Pentagone)
par VIVAS Maxime
28 novembre 2007

Amis et connaissances,

Des années de travail et d’investigations (menées ici et sur le continent américain) portant sur 5 ans de fonctionnement de RSF (2002 à novembre 2007) et le livre est là.

Le 6 avril 2006, parce que j’avais, au détour d’une phrase, évoqué ses sources de financements US, RSF m’avait menacé dans le journal Métro : " Reporters sans frontières se réserve le droit de poursuivre Maxime Vivas en justice"

Au nom de la liberté d’expression ? m’étonné-je.

Quoi qu’il en soit, j’offre aujourd’hui au libre débat ces 272 pages (36 chapitres et 6 annexes) de preuves sur la vraie nature de cette drôle d’ONG...

Maxime Vivas.

Préface de Thierry Deronne.

La face cachée de Reporters sans frontières (De la CIA aux faucons du Pentagone)

En librairie, nov. 2007. 272 pages (36 chapitres, six annexes), 20 euros. Editions Aden


Préambule (extraits).

Liberté de la presse, des journalistes et devoir d’informer.

La devise de Reporters sans frontières est simple. « Nous défendons le droit d’expression des journalistes « Le public comprend : « notre droit à l’information « .

Ici commence un quiproquo majeur.

RSF ne prétend pas lutter pour le droit du public à bénéficier d’une information vraie. Le lecteur a peu à voir dans cette affaire. Le centre du combat, c’est le journaliste. Il faut qu’il ait le droit de publier ses articles. N’importe lesquels, quitte à raviver la douleur des victimes d’un génocide. Dans un débat au Québec devant un public nombreux, le 28 avril 2005,(1) il revendiqua le droit pour les journalistes d’écrire des articles « révisionnistes et négationnistes ».

Au cours d’une intervention prononcée le 8 novembre 2002 lors d’un colloque à l’Université de la paix et au Centre mondial de la paix de Verdun, André Lewin, ancien ambassadeur de France, ancien porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies, s’est étonné du contenu du livre de Robert Ménard « La censure des bien-pensants » (écrit avec son épouse, Emmanuelle Duverger) : « Pour Robert Ménard, après réflexion, l’appel au génocide[ici au Rwuanda] ne peut servir d’argument à quelque censure que ce soit, du moment qu’il émane d’un journaliste, car ce serait selon lui l’expression d’une opinion. D’ailleurs, en toute logique, Robert Ménard écrit ensuite que Faurisson, l’universitaire négationniste bien connu, a le droit de prétendre que l’holocauste n’a pas pu exister et donc n’a pas eu lieu, il a le droit de l’écrire et même de l’enseigner à ses étudiants. Cette « dénégation » d’un fait avéré n’est en réalité pas une opinion, mais un mensonge. Et pour Robert Ménard, finalement un mensonge une fois imprimé n’est plus tout à fait un mensonge, puisqu’il a acquis en quelque sorte droit de cité. »(2)

Ce n’est donc pas la vérité qui est au cour du combat de Robert Ménard.

Le bourrage de crâne de la population états-unienne par des médias surabondants (les USA comptent 1.700 quotidiens, 11.000 stations de radio, 2.000 chaînes de télévision et 11.500 magazines) alertant à l’unisson sur les armes de destruction massive (ADM) de Saddam Hussein ne lui inspira pas une campagne de presse (.).

Ce qui émeut RSF, ce n’est pas le licenciement des journalistes exempts de faute professionnelle mais cependant victimes d’une restructuration par les magnats de la presse, princes de l’industrie et de la finance, ni le fait que ces patrons disposent du droit (dont ils usent plus ou moins délicatement) de dicter une ligne éditoriale à des journaux prétendus objectifs.

Non, ce que veut RSF c’est que partout, toujours, les journalistes qui contestent un pouvoir populaire aient les mêmes débouchés pour le même discours (et qu’importe s’il véhicule des mensonges) que ceux qui soutiennent, en groupe serré, les pouvoirs au service des oligarchies. Ainsi l’unanimisme médiatique fera-t-il un grand pas en avant, grimé en pluralité.

Quand la presse pauvre des pays riches, la voix des citoyens les moins favorisés, sera absorbée par les banques, on ne recueillera pas dans l’oreille le moindre soupir de RSF. Quand la presse pauvre des pays pauvres, celle qui rend compte d’une politique d’indépendance et de récupération pour tous des richesses nationales, affronte en un combat inégal une presse riche, militante et phagocytaire, RSF s’inquiète des entraves législatives qui freineraient cette dernière dans sa marche gloutonne. Quand la presse des pays envahis est soumise aux diktats des militaires étrangers, RSF parle de liberté retrouvée.

Dans chacun de ces cas, la pensée unique triomphe, masquée par une pléthore de titres véhiculant le même credo. C’est la loi du plus fort, c’est celle de l’Empire qui se proclame emblématique de la démocratie, tandis que les cris du faible sont dénoncés comme dictatoriaux.

Qu’importe le contenu, dit en substance RSF, parlons du droit des contenants.

Or, la dissociation du droit de dire et du devoir de ne pas mentir est une escroquerie intellectuelle et une atteinte à la démocratie. L’absence d’analyse des répercussions de la mainmise de l’argent sur la presse en est une autre. Clamer que le journaliste doit pouvoir écrire sans ajouter que le lecteur a le droit de savoir, c’est mépriser ce dernier. Rechigner à désavouer les trucages, les impostures, les mystifications, les falsifications, c’est décrédibiliser toute la corporation. Agir comme si le journalisme était une profession à part, plus qu’un autre intouchable, c’est fabriquer un clan, c’est le désigner comme mafia(3). Exalter les réflexes de solidarité corporatiste dès qu’un organe de presse est mis en cause, c’est afficher que ce pouvoir-là ne supporte pas un contrepouvoir. Poser en principe que la possession d’une carte de presse, l’accès à un micro, confèrent un droit au monologue est révélateur d’un penchant autocratique.

Oui, la liberté d’écrire des contrevérités ou des vérités partielles, de façonner l’opinion par les choix de thèmes arbitrairement priorisés, d’en occulter d’autres, de ne pas rendre de comptes, cette liberté-là est liberticide.

L’affirmation selon laquelle la démocratie fleurit là où paraît une presse nombreuse est aussi une duperie. Non ! La démocratie est là où la presse dit vrai. Mille journaux qui mentent valent moins qu’une pauvre feuille de chou qui rapporte les faits réels. Quand le secrétaire général de RSF explique : « J’ai 52 ans, je suis de la génération d’après mai 68, et j’ai toujours pensé que le journalisme était une manière, pas seulement de commenter le monde, mais de le changer. »(4), il nous dit tout de go que le travail d’un journaliste consiste à donner son avis et à intervenir politiquement. Il évacue son premier travail : apporter de l’information, vérifiée, sincère, objective, aussi complète que possible.

Oublier que les lecteurs ont connu les mêmes écoles que les journalistes (et parfois plus longtemps), ont eu les mêmes maîtres et se sont construits à la lecture des mêmes penseurs, c’est accorder indûment aux seconds une supériorité intellectuelle qui résiste rarement à la confrontation entre le producteur de copies et le consommateur.

Soutenir que l’Etat ne doit pas intervenir (légiférer) dans le domaine de la presse, c’est accorder un pouvoir sans partage aux puissances d’argent, ouvrir un boulevard à tous les bonimenteurs sans vergogne, encourager à toutes les surenchères racoleuses, à toutes les manipulations, à tous les complots, à tous les putschs, c’est dérouler les barbelés de la propagande camouflés sous le duvet de l’information.

Pour que la presse fasse son travail, que les journalistes soient respectés, que le lecteur puisse lire, écouter, visionner en confiance, il faut des médias dont le rôle, les droits et les devoirs sont cadrés par la loi, des journalistes dont la hiérarchie est du métier et non de la finance ; il faut des conditions favorables à une minimum d’indépendance sans laquelle il n’y a pas de déontologie autre que proclamée, c’est-à-dire un supra mensonge qui couronne tous les autres en essayant de les nier.

[.] Si le grand public connaît les noms des syndicats des autres salariés, des étudiants et du patronat, si chacun sait ce que recouvrent les sigles CGT, UNEF, MEDEF, qui peut dire comment les journalistes sont organisés, qui a entendu une déclaration d’un de leurs syndicats quand un grand reporter est enlevé ou tué ou licencié, ou contraint par l’actionnaire principal de jeter son papier dans la corbeille ? Un usurpateur s’est substitué à eux, un coucou a pondu un ouf dans leur nid, un intrus y est né, y a grossi démesurément. Il s’appelle Reporters sans frontières, aberration génétique dont le bec s’ouvre sur un estomac insatiable qui engloutit argent des contribuables français et européens, dons de richissimes sponsors privés, contributions d’anonymes compatissants et, plus discrètement, les billets verts de l’Oncle Sam qui n’a jamais confondu organisation humanitaire et relais médiatique de sa politique guerrière. Parce que Reporters sans frontières ne répugne pas à propager des fausses nouvelles utiles à l’Empire, parce qu’elle s’évertue à minimiser les crimes de l’US Army contre les grands reporters, parce qu’elle revendique son mutisme sur les effets pervers de la concentration de la presse dans les mains des puissances financières, parce qu’elle dirige l’essentiel de ses tirs idéologiques sur les plus faibles, elle n’aide ni ne protège les journalistes, elle participe à la déconsidération dont ils souffrent. Elle les met en danger.

C’est ce qui sera démontré dans les pages qui suivent.

Ecrivain et cyberjournaliste, ex-référent littéraire d’Attac-France, Maxime Vivas (prix Roger Vailland 1997) a publié plusieurs livres (romans, polars, humour, essai), des nouvelles et des centaines d’articles traduits en plusieurs langues sur des dizaines de sites Internet. Il écrit également pour la presse quotidienne et assure chaque semaine une chronique littéraire sur Radio Mon Païs à Toulouse.

Licencié en Communications Sociales (IHECS, Bruxelles), le journaliste vénézuélien Thierry Deronne a fondé plusieurs télévisions associatives (Teletambores, Camunare Rojo TV), l’Ecole Populaire et Latinoaméricaine de Cinéma (Caracas), le Journal International de Quartier. Il est vice-président de la Télévision Publique nationale du Venezuela Vive TV.

***

(1) Ménard ne fait là que répéter une antienne. Dans son livre « Ces journalistes que l’on veut faire taire » (Albin Michel, mars 2001, il qualifie d’« anomalie contre laquelle nous luttons » la loi Gayssot à laquelle il reproche de renforcer « les sanctions visant les propos racistes, antisémites, xénophobes. » (Page 168).

Voir la vidéo sur Google :

www.ebabylone.com/encyclopedie_Reporters_sans_fronti%E8res.html (et cliquer tout en bas de la page sur Vidéo). [Le 16 août 2007, sur France Culture, il justifiera crûment le recours à la torture « sans aucune limite ». Voir détails page 265]

(2) http://afnu.france.free.fr/doc%20lewin/Verduncolloque.doc

(3) 115 syndicalistes ont été assassinés dans le monde en 2005. La Colombie est le pays le plus dangereux pour eux : 70 y ont trouvé la mort. Or, le syndicalisme est nécessaire à la démocratie. Pourquoi n’est-ce pas dit plus fort, plus souvent ? La vie de ces hommes qui, partout dans le monde, ont rendu possible les conquêtes sociales et ont fait avancer le droit du travail (dont bénéficient aussi les journalistes) vaut-elle moins que d’autres ?

(4) http://forum.nouvelobs.com/archives/forum_284.html



© CSP - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
Administration | site crée avec SPIP

ajouter commentaire
envoyer article

Réactions
  1. Ménard attaque et se justifie :RSF : Ménard menace et affabule. ( posté le 2 janvier 2008 par CSP )

Ménard attaque et se justifie :RSF : Ménard menace et affabule.
2 janvier 2008, par CSP

Ménard attaque et se justifie :RSF : Ménard menace et affabule.

Agacé par le contenu du livre « La face cachée de Reporters sans frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone », Editions Aden (livre sélectionné par 17 médias pour le prix « Lire la politique »), Robert Ménard a exigé un droit de réponse dans le quotidien suisse « La Liberté » qui l’avait chroniqué.

Morceaux choisis de la prose ménardienne : « Nous avons toujours hésité à poursuivre en diffamation ce genre de propos. Se pose aujourd’hui la question d’y répondre autrement, vu la persistance de ces attaques. Suite à des propos à un tel point calomnieux, nous avons attaqué en justice un journal marocain. Mais certains n’attendent qu’une seule chose : c’est qu’on leur offre une tribune. Maxime Vivas, dont j’ai lu les articles sur Internet, n’étaye ses accusations avec aucun exemple. Un débat avec lui ? Comment discuter avec quelqu’un affirmant des choses à ce point mensongères ? »

Ainsi diffamé et menacé, j’ai demandé à mon tour un droit de réponse (pour la réfutation complète des bobards de Ménard, voir le livre).

Monsieur le rédacteur en chef de La Liberté,
Monsieur Baeriswyl, journaliste.

Dans une interview donnée à votre journal à propos de mon livre sur RSF, Robert Ménard, dit que je suis lié « au Gouvernement cubain » mais ne pas croire que je suis « stipendié » par Cuba (ce qui est une manière de lancer l’insinuation) ; il évoque en termes voilés la possibilité de poursuites judiciaires. Diffamé et menacé, je vous saurais gré de porter à la connaissance de vos lecteurs ce droit de réponse

Avec mes remerciements :
Maxime Vivas, écrivain uniquement sponsorisé par sa conscience.

* * * *

Contre mes arguments, les menaces de RSF.

Le 15 décembre 2007, vous avez rendu compte de ma causerie sur mon livre « La face cachée de Reporters sans frontières » à l’Université de Fribourg. En réponse, à ce travail étayé par des journalistes de nombreux pays, Robert Ménard, secrétaire général de RSF, fait allusion dans vos colonnes du 22 décembre à un procès possible contre moi. Etonnante réplique de la part du chef d’une ONG qui fait profession de pourfendre les prédateurs de la liberté d’expression !

En août 2006, j’ai écrit à Robert Ménard après une première menace de procès. Il m’a fait répondre par un de ses collaborateurs. Dès novembre 2007, j’ai accepté un débat contradictoire pour la soirée de Fribourg : RSF s’est désistée alors que la date était fixée, mon agenda bloqué, la salle retenue. Aujourd’hui, Ménard se dit prêt à débattre, tout en ne le pouvant, tant je mens ! Nous avons là une démonstration de sa méthode : tout est son contraire, distorsion entre le « dire » et le « faire ».

Ménard dit : « Tout est publié sur notre site. Si cela n’est pas suffisant, nos livres de comptes sont ouverts à n’importe qui ». Bref, tout est sur le site, sauf ce qui n’y est pas ! "Quand nous touchons de l’argent des gouvernements français, suédois ou suisse, personne ne dit que nous sommes liés à leur politique". Hélas, l’argent suisse et suédois semble avoir été inventé pour vos lecteurs : il n’existe pas dans les comptes publiés sur le site de RSF. Site où l’on cherchera vainement les détails sur son budget (France et étranger), sur les dépenses de fonctionnement, les sommes versées en aide aux journalistes.

Rien sur les salaires octroyés aux dirigeants de RSF, les subventions par mécènes, ainsi que sur le contenu des contrats signés aux USA et sur les noms des jurés du « Classement mondial de la liberté de la presse ».

Contrairement à ce qu’insinue Ménard, je n’ai pas écrit un livre sur « RSF et Cuba » (cela a déjà été fait par d’autres), mais sur « RSF et la presse ». J’y consacre plus de place au Venezuela et à l’Irak qu’à tout autre pays. J’y traite aussi de la France, de l’ex-Yougoslavie, des USA, d’Haïti, de l’Afghanistan, de la Côte-d’Ivoire, etc. L’île des Caraïbes n’arrive qu’au chapitre XXIV (page 153) non pas pour promouvoir sa politique, mais pour conter la mésaventure tropicale de Ménard déguisé en « Notre agent à La Havane ».

Pour Ménard, rien ne permet de dire que la CIA est derrière ses sponsors US comme la NED (la Nacional Endowment for Democracy).

Laissons des Etats-uniens bien informés le contredire :
- « Beaucoup de ce que nous faisons maintenant a été fait en secret par la CIA il y a 25 ans ». Allen Weinstein, co-rédacteur des statuts de la NED (Le Washington Post, 22 septembre 1991).
- « La NED a été créée il y a 15 ans pour réaliser publiquement ce que la CIA a fait subrepticement durant des décennies ». (John M. Broder, Le New York Times, 31 mars 1997).

Des dirigeants de la NED ont occupé de hautes fonctions à la CIA, tel John Negroponte qui fut jusqu’en 2007 le patron de l’ensemble des services secrets des USA. Evoquant en mai 2004 les ONG utiles aux USA, Colin Powell n’en cite qu’une : RSF. (http://www.state.gov/documents/orga...).

Le lien entre la politique extérieure nord-américaine et certaines actions de RSF est de plus en plus documenté. Un universitaire australien, vient de publier une enquête sur la NED et RSF (http://www.zmag.org/content/showart...).

Maxime Vivas,
le 24 décembre 2007.