"Lorsque les Etats-Unis sont venus chercher Cuba, nous n'avons rien dit, nous n'étions pas Cubains"
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Rubrique :
ALLOCUTIONS
Thèmes :
CHAVEZ Hugo
par
CASTRO Fidel
vendredi 3 février 2006 Allocution prononcée par Fidel Castro Ruz, président de la République de Cuba, à la remise du Prix international José Martí de l’Unesco à Hugo Chávez Frías, président de la République bolivarienne du Venezuela, sur la place de la Révolution de La Havane, le 3 février 2006 Cher président Hugo Chavez ; Chers membres des délégations vénézuélienne et cubaine ; Chers participants à ce meeting grandiose ; Chers compatriotes, La remise au président vénézuélien du Prix international José Martí, décerné par l’Organisation des Nations Unies, constitue un moment historique à la signification spéciale. Qu’est-ce qu’il me vient à l’esprit à cette minute émouvante ? Voilà exactement sept ans et un jour, le 2 février 1999, j’avais eu le privilège d’assister à l’entrée en fonctions du nouveau président vénézuélien, Hugo Chávez Frías (applaudissements). J’avais fait sa connaissance environ cinq ans auparavant quand il nous avait rendu visite à peine libéré de prison, en décembre 1994. Nous avions fait alors largement connaissance et nous avions échangé au sujet de points sur lesquels nous coïncidions beaucoup et qui nous passionnaient tout autant. Nous avions parlé de l’avenir, mais il était bien difficile d’imaginer alors qu’Hugo Chávez deviendrait si vite président du glorieux Venezuela de Simón Bolívar (applaudissements). Il avait affirmé alors avec audace : « Je prête serment sur cette Constitution moribonde ». C’est une phrase qui deviendrait historique. Voici quelques extraits textuels de ce qu’il avait dit à cette occasion : Certains chiffres concernant le chômage parlent de 20 p. 100. Le sous-emploi frôle la moitié de la force économique active ; presque un million d’enfants en état de survie. Des enfants comme ma fille Rosinés, seize mois, en état de survie. La mortalité infantile du Venezuela se monte à 27 et quelque, presque 28 décès pour 1 000 naissances vivantes, parmi les plus élevées du continent. La dénutrition touche 15 p. 100 des enfants qui meurent pour cette raison. Nous ne pouvons pas attendre une Assemblée constituante pour y remédier. [...] Seul 1 enfant sur 5, de ceux qui entrent à la maternelle, conclut l’école primaire. C’est insensé, parce que c’est l’avenir du pays qui est en jeu. [...] 45 p. 100 des adolescents ne vont pas à l’école secondaire, survivant comme ils peuvent, beaucoup s’adonnant à la délinquance pour survivre, parce que l’homme n’est pas mauvais par nature. Nous sommes des enfants de Dieu, pas des enfants du diable (applaudissements). Voilà la situation que j’hérite ici, que je reçois dans les mains, comme accumulation de toutes ces crises dont j’ai parlé voilà quelques minutes. Son allocution, ce 2 février-là, m’avaient profondément impressionné. Il était prévu que je me rende quarante-huit heures plus tard à l’Université centrale du Venezuela où je m’étais adressé aux étudiants quarante ans et dix jours auparavant, le 24 janvier 1959. Les chiffres et les données que je connaissais alors à l’occasion de cette nouvelle rencontre m’avait conduit à la conclusion que l’héroïque peuple vénézuélien devrait faire face avec courage et intelligence, en cette nouvelle aurore, à de sérieuses difficultés découlant de la situation économique et sociale où il étaitplongé. Je recopie aujourd’hui textuellement des extraits de l’allocution que j’avais prononcée ce 2 février, voilà sept ans : - Exportations de marchandises, d’après le rapport de la Banque centrale du Venezuela : en 1997, 23, milliards de dollars ; en 1998, 17,32 milliards.
Autrement dit, la valeur des exportations a chuté de 6,08 milliards en un an.
Des réserves en chute libre, comme cela a été sur le point de se répéter dangereusement après le coup d’Etat pétrolier et après le coup d’Etat militaire du 11 avril 2002. Oui, parce que l’année suivante, en 2003 les réserves baissent de nouveau à toute allure, autour de 13 milliards de dollars, je crois, et elles se seraient sans doute réduites à zéro en quelques mois de plus. Certains en effet avaient déjà emporté hors du Venezuela 300 milliards de dollars, qui équivaudraient aujourd’hui à quelque deux billions de dollars, une quantité plus que suffisante pour un développement accéléré de tout le sous-continent, surtout s’il s’agit d’un développement rationnel, non d’un développement consumériste et gaspilleur. - Pertes nettes : environ 3,5 milliards en un an.
Et après le coup d’Etat plus le coup de main pétrolier, le chômage est remonté à 20 p. 100 alors qu’il avait été ramené à 9 ou 10 p. 100. - Le sous-emploi tourne autour de 50 p. 100.
Des statistiques de l’époque que le président avait déjà citées. - Mortalité infantile de presque 28 décès pour 1 000 naissances vivantes. 15 p. 100 des décès dus à la dénutrition.
À cette époque, nous avions déjà atteint, nous, plus de 90 p. 100. Qui allait nous parler de ces problèmes ? Comment pouvions-nous les ignorer alors que nous nous battions depuis bien des années, depuis le triomphe de la Révolution, pour tenter de l’élever, au point que nous avons maintenant atteint presque 100 p. 100. Comment ça commence aussi à être le cas au Venezuela. 45 p. 100 d’absents à l’école, c’est vraiment impressionnant. Plus d’un million d’enfants travaillent ; plus de 2,3 millions, exclus du système scolaire, n’ont aucun métier. Ces dix dernières années - disais-je, je l’avais lu avant de me rendre au Venezuela - plus d’un million de Vénézuéliens de la classe moyenne, catégorie C, sont passés dans la catégorie de pauvres et indigents, qui comprend aujourd’hui 77 p. 100 de la population, du fait de la diminution des revenus, du chômage et de l’inflation. Ceci se passait dans la patrie originaire de Bolívar, la nation la plus riche en ressources naturelles d’Amérique latine, de presque un million de kilomètres carrés et de guère plus de vingt-deux millions d’habitants. Ce n’était pas le Brésil en étendue et en population. Et j’avais conclu en prenant beaucoup de précautions, pour qu’on ne l’interprète pas comme une ingérence dans les affaires intérieures du pays : Je fais ces réflexions sous ma totale responsabilité, dans l’espoir qu’elles seront utiles. Comment pouvais-je imaginer qu’ici, un jour, sept ans après, je les reprendrais comme un argument irréfutable de ce qu’il se passait là-bas et de ce qu’il s’est passé ensuite au Venezuela ? Ceci explique parfaitement l’accent fondamental que la révolution bolivarienne a mis en premier lieu sur les écoles bolivariennes, bien équipées de toutes les ressources, qui ont accueilli ces enfants exclus du système scolaire, et que l’on continue de construire rapidement et en les perfectionnant. Ce mouvement est déjà en train d’atteindre, grâce à des projets supplémentaires très importants, l’enseignement secondaire, les lycées bolivariens. J’ai entendu parler de la création d’environ mille lycées, eux aussi parfaitement équipés. Quelque chose de vraiment admirable. Bon, ça, c’était dans les premiers temps. Ensuite, il y a eu des événements jamais vus ailleurs qui expliquent cette remise du prix José Martí, si juste, si irréfutable.
J’ai dit qu’un peu plus de 4 300 font des études de médecine à Cuba, et que d’ici à la fin de l’année, Cuba en accueillera 10 000 dans le cadre du nouveau programme (exclamations), qui ouvre d’énormes perspectives en matière de méthodes, d’expérience, de professeurs, quelque chose d’absolument nouveau. Aussi nouveau que le fait qu’Au Cœur du quartier se soit converti en une gigantesque université dans tout le Venezuela. C’est quelque chose d’absolument nouveau dans l’histoire de l’Humanité, c’est la seule manière de former les médecins dont le tiers monde a besoin, un tiers monde constitué de plusieurs milliards de personne, et alors que la population mondiale se monte d’ores et déjà à plus de 6,5 milliards d’habitants, et que les problèmes se sont accumulés et multipliés. Si un monde meilleur n’était pas possible, alors adieu l’espoir de voir notre espèce survivre !
Je vous lasserai si je vous lisais la liste de toutes les activités que le Venezuela a mises sur pied dans le seul domaine de l’éducation - mais aussi dans d’autres domaines - durant la moitié de ces sept années, tout en luttant contre des conspirations impérialistes, de coups de main de toute sorte, des attaques perverses à l’économie, en vue d’étouffer la Révolution. Quel autre pays du monde peut-il se vanter de progrès pareils dans la lutte contre l’analphabétisme total ou fonctionnel ? Qu’est-ce qu’une personne ne sachant ni lire ni écrire, ou qu’est-ce qu’un analphabète fonctionnel qui sait à peine signer ? Dans notre monde si complexe et toujours plus complexe, si mondialisé et toujours plus mondialisé, quelqu’un qui n’a même fait d’études primaires, en quoi se différencie-t-il des autres êtres vivants non pensants ? Qu’est-il de plus, malgré sa tête pensante, si personne ne lui a même appris à lire et à écrire, si personne ne lui a appris à penser, comme José de la Luz y Caballero l’exigeait à Cuba voilà presque deux siècles, en pleine colonisation espagnole ? Mais voyez un peu ce que l’Empire pense de cet homme aux origines modestes qui, doté de sa conception bolivarienne et martinienne, a permis d’écrire ce nouveau chapitre dans l’histoire des peuples latino-américains ! Ecoutez bien ce que pense Rumsfeld, le chef du Pentagone, le secrétaire à la Défense : il compare Chávez à Hitler. Oui, vous avez bien entendu : à Hitler ! Selon l’agence AP, qui est en général objective ; c’est du moins notre expérience ici, malgré les pressions : WASHINGTON (AP). Le secrétaire à la Défense, Donald H. Rumsfeld, a comparé le président vénézuélien Hugo Chávez à Adolf Hitler. Il y a fait allusion au cours d’une intervention, jeudi soir, au Club national de la presse, quand on l’a interrogé sur la dégradation générale des relations de Washington avec certains pays latino-américains. « Nous y avons vu des dictatures », a-t-il répondu. « Et nous voyons que la plupart de ces pays, exception faite de Cuba - bien entendu - progresse vers la démocratie », a-t-il affirmé. Il semblerait que nous progressions, nous, vers l’enfer, vers l’ignorance totale et absolue, où aucune démocratie n’est possible. Le secrétaire à la Défense a admis : « Nous avons vu certains leaders populistes... Un mot à la mode : ceux qui s’occupent du peuple, ceux qui s’inquiètent du peuple, ceux qui se préoccupent de la santé, de l’éducation, de l’emploi, ceux qui pensent au peuple sont des « leaders populistes » ! ...qui attirent des masses de personnes dans ces pays. Comme si les gens étaient des idiots, alors qu’ils sont en fait toujours plus intelligents, et qu’ils écoutent toujours plus et qu’ils voient toujours plus, parce que les vérités sont devenues si évidentes qu’on ne peut plus les occulter. Et il y a des élections comme celles d’Evo Morales en Bolivie qui sont clairement inquiétantes (exclamations). Comment les chefs de l’Empire ne s’inquiéteraient-ils pas qu’un modeste Indien soit aujourd’hui président de la Bolivie, après avoir été élu par la grande majorité de son peuple, et bien qu’un million de Boliviens, partisans d’Evo dans leur immense majorité, aient été privés au préalable du droit de vote ? On avait du mal à imaginer qu’il puisse l’emporter avec la majorité absolue, alors qu’un million de Boliviens modestes ne pouvaient pas voter. Quand Evo convoquera-t-il l’Assemblée constituante ? Il va sûrement rivaliser avec la prouesse des Bolivariens. Oui, ils ont raison : ils ont des motifs fondés de s’inquiéter. C’est là quelque chose de nouveau et d’inattendu pour ceux qui rêvaient, exactement comme Hitler, d’un empire millénaire ! Rumsfeld poursuit : « Nous avons Chávez au Venezuela. [Et ici, aussi, recevant son prix.] « C’est quelqu’un qui a été élu légalement [heureusement qu’ils le reconnaissent !], tout commer Hitler a été élu légalement [si ce monsieur savait un peu d’histoire, il saurait pourquoi Hitler a été élu, et quelles conséquences ça a eues, et quels sont qui l’avaient soutenu et pourquoi] et ensuite il a consolidé son pouvoir et maintenant, de toute évidence, il travaille de près avec Fidel Castro [ce type pervers] et avec M. Morales. >>> LIRE LA SUITE DANS LE DOCUMENT JOINT |